Le fait que l'UE n'ait toujours pas signé l'Accord post-Cotonou, paraphé en avril 2021, suscite les interrogations des parlementaires des 79 pays membres de l'Organisation des États d'Afrique des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) liés à l'UE par l'actuel Accord de Cotonou, qui a dû, de ce fait, être prolongé jusqu'à juin 2023.
Ces interrogations ont été exprimées lors de la 42e session de l'Assemblée parlementaire paritaire (APP) ACP-UE, enceinte politique de l'Accord de Cotonou, qui s'est achevée le 2 novembre à Maputo, au Mozambique (EUROPE 13053/19).
« Nous devons retrouver la solidarité multilatérale, sur la base de laquelle les Nations Unies, le partenariat ACP/UE et cette assemblée parlementaire paritaire sont des bastions à partir desquels nous pouvons commencer un nouveau cycle de confiance et de coopération. Dans ce sens, je tiens à exprimer ma déception face au blocage du gouvernement hongrois empêchant la ratification de l'Accord post-Cotonou », a déclaré le coprésident de l'APP, Carlos Zorrinho (S&D, portugais). Cela, d'autant que le futur accord « traduit un partenariat d'une nouvelle génération entre égaux qui renforce la dimension parlementaire ».
Les députés européens s’étaient déjà indignés à moult reprises du retard pris - la dernière fois à la mi-octobre, lorsqu'ils avaient écrit à la Présidence tchèque du Conseil de l'UE, la pressant d’agir pour obtenir enfin la levée de la réserve hongroise (EUROPE 13041/14).
Avec leurs homologues ACP, ils ont eu l'occasion d'interroger le Conseil de l'UE et la Commission européenne à ce sujet.
« Les parlementaires ACP ont demandé s'il n'y a pas une hypocrisie de l'UE à prétendre vouloir ce partenariat modernisé alors que rien n'avance », a déclaré Maria Arena (S&D, belge) à EUROPE.
Conseil de l'UE et Commission européenne ont expliqué que cet accord mixte exige l'unanimité des États membres pour pouvoir être ratifié et que la Hongrie s'inquiète de la dimension 'migration' de l'Accord.
Carlos Zorrinho et Peter Kenilorea Jr., député des îles Salomon et coprésident de l'APP, espèrent que le Conseil des ministres conjoint ACP-UE, prévu le 29 novembre, pourra faire un pas vers la ratification de l'Accord.
« Plus il y a d'incompréhensions, plus il est important d'avoir une assemblée parlementaire paritaire », a estimé Mme Arena. Selon elle, la non-signature par la partie européenne et le refus des pays ACP de prendre position contre la Russie dans la guerre en Ukraine sont « deux points de crispation ».
Parlementaires ACP et députés européens ont néanmoins discuté de l'impact de la guerre sur leurs propres pays. Aucune résolution n'a été adoptée à ce sujet.
Le coprésident Peter Kenilorea Jr. s'est par ailleurs félicité du débat sur la lutte contre le terrorisme en Afrique subsaharienne et de la résolution d'urgence sur la coopération en matière de climat (voir autre nouvelle). Il a insisté sur le fait que l'APP demande que soit honoré l'engagement des pays riches de verser 100 milliards de dollars par an aux pays en développement et que soit résolue la question des pertes et dommages subis par ces derniers. (Aminata Niang)