Les eurodéputés ont condamné, mercredi 6 juillet, les actions unilatérales du Royaume-Uni et le projet de loi du gouvernement remettant en cause l’accord de retrait signé avec l’UE et son protocole sur l’Irlande du Nord (EUROPE 12976/13).
Dans un débat en présence du vice-président de la Commission, Maroš Šefčovič, et du ministre tchèque Mikuláš Bek, ils ont appelé Londres à accepter une « solution négociée » et à rester un partenaire de confiance alors que les deux blocs doivent rester « côte à côté » face à l’invasion russe, comme l’a dit le ministre tchèque.
« À peine deux ans après signature, le projet (d’accord et du protocole sur l’Irlande du Nord) risque d’être mis en pièces », a averti le responsable tchèque. Le « Conseil de l’UE est extrêmement préoccupé ». « Nous sommes des démocraties pacifiques et devons respecter les accords internationaux », a-t-il ajouté.
Dans l’hémicycle, Sean Kelly (PPE, irlandais), quant à lui, a dénoncé « un tournant dans les relations entre l’UE et le Royaume-Uni et une violation inacceptable du droit international ». Le projet de loi britannique, qui a déjà passé une première étape de validation au Parlement britannique, défie d’ailleurs « la logique », la situation économique de la province étant meilleure que celle de la Grande-Bretagne.
« On est dans une période d’inquiétudes ; on doit s’unir, non pas se diviser », a ajouté de son côté Nathalie Loiseau (Renew Europe, française), la présidente de la délégation UE à l’assemblée parlementaire UE-Royaume-Uni. « Le protocole sur l’Irlande du Nord n’est pas le problème ».
De son côté, le vice-président de la Commission a rappelé la disponibilité de la Commission à chercher des solutions avec le gouvernement britannique. « Seuls une solution conjointe » et des « échanges sincères » permettront de régler les problèmes soulevés par la mise en œuvre du protocole.
« J'espère que nous pourrons redémarrer les échanges », a ajouté Maroš Šefčovič, n'excluant pas, dans le cas contraire, le recours aux outils de l'accord de commerce et de coopération, qui peut revenir sur les échanges commerciaux sans quotas ni droits de douane.
Le PE mettra au vote une résolution lors d’une prochaine session.
Boris Johnson en difficulté
Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, est en difficulté après la démission de plusieurs de ses ministres les 5 et 6 juillet, dont ceux des Finances et de la Santé ou encore de la petite enfance. Les appels à sa démission se multiplient, ces ministres sur le départ ayant dénoncé la perte de confiance dans le dirigeant conservateur après des scandales à répétition, en lien notamment avec la gestion de la crise de la Covid-19. (Solenn Paulic)