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Bulletin Quotidien Europe N° 12987
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Eu2022cz

Le Parlement européen apporte son soutien au programme de la Présidence tchèque du Conseil de l’UE

Tout comme la présidente de la Commission européenne, la plupart des groupes politiques du Parlement européen ont apporté, mercredi 6 juillet, leur soutien au programme de la Présidence tchèque du Conseil de l’UE.

Devant un hémicycle plus que clairsemé, le Premier ministre tchèque, Petr Fiala, a présenté les cinq grands axes de la présidence de son pays.

« Les thèmes et les priorités que nous voulons aborder ont été élaborés pendant de nombreux mois, mais le 24 février 2022 a littéralement bouleversé la plupart des plans que nous avions. Nos priorités reflètent cette nouvelle situation », a reconnu le Premier ministre. Selon lui, la principale tâche dans les mois à venir sera de trouver un accord « consensuel et fort sur des mesures permettant d’atténuer les effets négatifs des crises actuelles sur nos citoyens ».

Ainsi, Prague entend d’abord se pencher sur la gestion de la crise des réfugiés ukrainiens – qui représentent 3,5% de la population en République tchèque - et la reconstruction de l'Ukraine après la guerre.

« Nous mettrons l'accent sur une position ferme et unie à l'égard de la Russie ainsi que sur une assistance maximale aux États membres pour apporter un soutien militaire à l'Ukraine ou pour faire face aux conséquences de la vague migratoire », a expliqué M. Fiala, qui s'est aussi engagé à aider le pays dans la voie de l’intégration européenne et dans la préparation de sa reconstruction après la guerre. 

Tout en saluant les démarches de la République tchèque par rapport à l’Ukraine, il faut « en même temps résoudre le manque de ressources énergétiques pour les entreprises et les foyers, débloquer les ports ukrainiens, assurer la compétitivité de l’Europe alors que les prix de l’énergie augmentent, comme l’inflation », a souligné Dita Charanzová (Renew Europe, tchèque). De même, pour Iratxe Garcia Perez (S&D, espagnole), il est nécessaire de se protéger des menaces externes, mais aussi internes, telles que l’injustice, les inégalités et la pauvreté. « On doit tenir compte des répercussions sociales (de la guerre) », a-t-elle expliqué.

M. Fiala a voulu se montrer rassurant, s’engageant à placer le citoyen au centre des priorités de la Présidence tchèque. Soulignant l’inflation élevée et des prix de l'énergie en constante augmentation, une menace de hausse du chômage et la possibilité d’une baisse du PIB dans certains pays, il a expliqué qu’il ne fallait pas oublier les citoyens, pour lesquels cela aura un impact social profond. « Nous aborderons systématiquement ces questions dans le cadre de notre présidence », a-t-il promis.

En lien avec la guerre russe en Ukraine, mais aussi avec l'aspect social, la Présidence veut travailler sur l’indépendance énergétique de l’UE, un sujet largement repris par les députés lors du débat. « Une énergie abordable, des prix raisonnables, la sécurité énergétique ont aussi une dimension sociale », a expliqué le Premier ministre face aux inquiétudes de Mme Garcia Perez, qui trouve la dimension sociale trop peu présente dans le programme. Celle-ci a cependant salué l’engagement du Premier ministre à organiser un sommet social, dans la continuité du sommet de Porto de l’an dernier.

La Présidence tchèque veut travailler sur la sécurité énergétique, la mise en œuvre accélérée de REPowerEU et la diversification des ressources. Selon le Premier ministre, « chaque État membre doit pouvoir choisir le bouquet énergétique qui convient le mieux à sa situation et qui lui permet d'atteindre ses objectifs climatiques ». « Nous devons avoir suffisamment de ressources énergétiques pour les citoyens et les industries ; on doit choisir notre mix énergétique, il faut mobiliser les ressources disponibles dans le court et aussi le moyen terme », a prévenu Veronika Vrecionová (CRE, tchèque).

M. Fiala s’est aussi dit prêt à travailler à la coordination des stocks de gaz en prévision de l'hiver prochain et à promouvoir les achats groupés volontaires, suivant le modèle qui a fait ses preuves lors de la crise de la Covid-19. Lors du débat, Manfred Weber (PPE, allemand) a plaidé pour un plafonnement du prix du gaz. « Tant qu’on attendra pour fixer un prix au gaz, nous laisserons la possibilité à la Russie de faire un chantage au gaz », a estimé Marco Zanni (ID, italien). 

Au-delà de la dépendance énergétique, la Présidence tchèque estime que la pandémie de Covid-19 a mis en évidence les faiblesses de l'économie européenne et la dépendance excessive à l'égard de certains pays. Elle fait de la résilience stratégique de l'économie européenne une priorité.

« L'Europe doit être un leader industriel et technologique. La clé pour y parvenir est un marché intérieur qui fonctionne bien, sans barrières administratives inutiles, ce qui renforcera la compétitivité des entreprises européennes », a résumé M. Fiala, mettant en avant le raccourcissement des chaînes d’approvisionnement, l'approfondissement du libre-échange et la numérisation et l'automatisation de l'industrie européenne.

Par ailleurs, « la sécurité alimentaire fait également partie de la résilience stratégique de l'économie européenne », selon Prague, qui estime que l'UE doit réagir aux conséquences de la guerre en Ukraine dans ce domaine.

De plus, selon la Présidence tchèque du Conseil de l'UE, il est nécessaire de renforcer les capacités de défense européenne, la sécurité du cyberespace et le renforcement de la résilience de l'Europe face aux menaces hybrides venant de l'extérieur, y compris la désinformation.

Enfin, la Présidence tchèque veut renforcer la résilience des institutions démocratiques face aux menaces externes et internes. « La prospérité et la stabilité à long terme de l'Europe reposent sur des mécanismes démocratiques qui fonctionnent », a rappelé M. Fiala.

Si plusieurs députés ont demandé la convocation d’une nouvelle convention - tel Manfred Weber, qui veut « qu'on prenne au sérieux les citoyens européens dans prise des décisions », ou Jordi Solé (Verts/ALE, espagnol) -, M. Fiala a rappelé qu’il ne s’agissait pas d’un processus rapide et qui devait être bien préparé, mais qu’il était possible de faire certains changements sans convention. (Camille-Cerise Gessant)

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