La Commission européenne pourrait proposer, mardi 3 mai, un embargo sur le pétrole russe avec une période de transition jusqu’à la fin de 2022.
À leur arrivée au Conseil ‘Énergie’ à Bruxelles, lundi 2 mai, plusieurs ministres ont fait part de leur soutien à des sanctions sur le pétrole. Selon le ministre irlandais de l’Énergie, Eamon Ryan, l’UE doit agir de manière « rapide et forte ». « Sinon, cette guerre pourrait durer longtemps », a-t-il justifié.
Son homologue polonaise, Anna Moskwa, a plaidé pour des sanctions immédiates sur le pétrole et le gaz russe. « C'est la prochaine étape absolue et urgente qui devrait être prise en compte dans la prochaine pile de sanctions », a-t-elle expliqué.
De son côté, le ministre allemand, Robert Habeck, s’est montré plus prudent. Si son pays a réduit, depuis le début de la guerre, sa dépendance aux importations de pétrole russe de 35 à 12%, l’Allemagne n’est pas encore prête à se séparer complément du pétrole russe. « Il serait utile que nous ayons quelques semaines ou quelques mois, plus de temps pour faire tous les préparatifs, c'est-à-dire les préparatifs techniques », a-t-il expliqué. M. Habeck a précisé qu’« après deux mois de travail », l’Allemagne n’est pas opposée à un embargo. « Bien sûr, c'est un poids lourd à porter, mais nous sommes prêts à le faire », a-t-il précisé.
Selon une source citée par l’AFP, la mise en place d’un embargo sur le pétrole se heurte aussi au fait que la Hongrie et la Slovaquie dépendent uniquement d’oléoducs russes pour leur approvisionnement et qu’il faut éviter qu’une telle décision n’entraîne une flambée mondiale du prix du pétrole.
Le 11 avril, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, avait rappelé que le montant des importations de pétrole russe dans l’UE représentant 80 milliards d’euros par an, contre 20 milliards pour le gaz (EUROPE 12930/2). Selon le Centre de recherche sur l'énergie et l'air pur (CREA), depuis le 24 février et le début de l’invasion russe, l’UE a payé 19,7 milliards d’euros à la Russie pour son pétrole.
Le sixième paquet de sanctions pourrait aussi comporter l’exclusion de la banque Sberbank au système Swift. Elle représente 37% du marché russe. De nouvelles sanctions ciblées contre des personnes et entités qui minent l’intégrité territoriale de l’Ukraine pourraient aussi être adoptées.
Ce paquet devrait faire l’objet d’une discussion lors de la réunion des ambassadeurs des États membres auprès de l’UE (Coreper), mercredi 4 mai.
Dimanche 1er mai, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a expliqué, lors d’une communication avec M. Borrell, que le nouveau paquet de sanctions devait inclure un embargo sur le pétrole russe.
Le même jour, le président de la Douma russe, Vyacheslav Volodin, a estimé que son pays devait prendre « des mesures miroirs envers les entreprises en Russie dont les propriétaires viennent de pays inamicaux où de telles mesures ont été prises : confisquer ces actifs ». (Camille-Cerise Gessant et Damien Genicot)