La poursuite de la mise en œuvre du 'Pacte vert européen', qui a mobilisé les ministres européens de l'Environnement, rejoints vendredi par leurs collègues de l'Énergie, semblait prometteuse à l'issue des deux premières journées de la réunion ministérielle informelle, vendredi 21 janvier en fin de journée, à Amiens (EUROPE 12872/8).
Les échanges sur la lutte contre la déforestation importée dans l'UE et sur la réduction des pesticides dans le cadre de la transition agroécologique - deux enjeux majeurs pour préserver la biodiversité et relever le défi climatique - ont permis une « dynamique politique » dont s'est réjouie la ministre française de la Transition écologique, Barbara Pompili,
Déforestation importée. la proposition de règlement de novembre 2021, qui vise à réduire au minimum le risque de déforestation et de dégradation des forêts associé aux produits mis sur le marché de l’UE, était débattue pour la première fois (EUROPE 12834/1). La présidente en exercice du Conseil Environnement s’est félicitée du large consensus qui s’est dégagé pour « avancer vite » sur un texte majeur en termes de responsabilité de l’UE.
« Nous ne pouvons pas avoir des règles au niveau européen et continuer, par nos modes de fonctionnement, à alimenter la déforestation en Amazonie ou dans les grandes forêts primaires d’Asie », a-t-elle déclaré.
Selon elle, les ministres sont prêts à étendre le champ d'application du règlement au caoutchouc, par exemple, et à des écosystèmes vitaux autres que forestiers, une question chère au Parlement européen.
Elle s'est dite « raisonnablement optimiste » quant à la possibilité d'aboutir à une position commune avant la fin de la Présidence française du Conseil.
Le commissaire à l'Environnement, Virginijus Sinkevičius, s'est réjoui du large appui à la proposition, « avec des nuances » selon les délégations.
Pesticides et transition agroécologique. L'échange a porté sur les bonnes pratiques pour permettre d'atteindre l'objectif d'une réduction de moitié tant de l'utilisation des pesticides chimiques que des risques liés aux plus dangereux d'entre eux à l'horizon 2030. Selon Mme Pompili, les ministres ont reconnu la nécessité « d'adapter nos normes aux données les plus récentes, tout en accompagnant nos agriculteurs » pour éviter à la fois une menace pour la santé et toute concurrence déloyale.
Ils ont également exprimé le souhait d'interdire l'exportation vers des pays tiers, notamment en développement, de pesticides qui sont interdits dans l'UE.
La révision prévue cette année de la directive relative à l'utilisation durable des pesticides (directive SUP, selon le sigle anglais) sera débattue au Conseil 'Agriculture' de l'UE, mais les ministres de l'Environnement seront associés.
Produits chimiques. Les ministres se sont exprimés en faveur d'un renforcement du cadre européen pour les perturbateurs endocriniens, les nanomatériaux et les PFAS, conformément à la stratégie de l'UE pour la durabilité des produits chimiques. Le commissaire à l'Environnement a rappelé que la révision du règlement REACH est en cours de préparation, avec une consultation publique qui vient d'être lancée (EUROPE 12873/7). (Aminata Niang)