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Bulletin Quotidien Europe N° 12874
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CONSEIL DE L'EUROPE / Conseil de l'europe

Rik Daems dresse le bilan de sa présidence de l’Assemblée parlementaire

Élu en janvier 2020, à la présidence de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), le libéral belge Rik Daems voit son mandat de deux ans se terminer. EUROPE l’a rencontré vendredi 21 janvier afin de dresser un bilan et d'envisager, de son point de vue, les défis qui attendent son ou sa successeur(e), dont l’élection est prévue lundi matin, en ouverture de plénière strasbourgeoise. (Propos recueillis par Véronique Leblanc)

Agence Europe : Quel impact la pandémie, qui s'est déclarée très vite après votre élection, a-t-elle eu sur votre mandat ?

Rik Daems : C’était un défi auquel nous ne nous attendions pas ! Nous avons été une des premières assemblées à mettre en place le format hybride et nous avons pu lancer en un temps record une série de rapports parlementaires sur l’impact de cette pandémie sur les droits de l’homme afin de définir les lignes rouges à ne pas franchir. Des travaux à mettre en parallèle avec le rapport de la Secrétaire du Conseil de l’Europe sur ce même thème. C’était essentiel, les évolutions récentes montrent combien la durée de la pandémie favorise la tentation de l’autoritarisme à travers le maintien des restrictions. Par ailleurs, nous avons pu faire avancer concrètement des thématiques importantes. 

Quelles sont ces thématiques ?

L’apport de l’Assemblée à une nouvelle impulsion à la Convention d’Istanbul et à l’égalité des genres, notamment. Nous avons travaillé en synergie avec les deux autres instances statutaires que sont la Secrétaire générale et le Comité des ministres pour la promouvoir auprès des États membres, y compris ceux qui ont des doutes à son endroit : l’Ukraine est désormais proche d’une ratification ; en Pologne, on m’a assuré qu’il n’était pas question d’en sortir ; et la Hongrie ne va pas agir contre ce texte. 

La Turquie est pourtant sortie de la Convention d’Istanbul en avril 2021 ?

C’est vrai, mais la promesse de tenir un débat au Parlement reste valide. 

Dès votre premier discours de président élu, vous avez annoncé que l’environnement serait au cœur de votre mandat. Où en est-on ?

Pas moins de sept rapports consacrés à la connexion environnement et droits humains ont été préparés, débattus et votés durant ces deux dernières années. Le but est que le Conseil de l’Europe élabore de nouvelles mesures pour définir de nouveaux standards en matière de droits humains, ce qui représente un véritable changement de paradigme. Là encore, la synergie avec la Secrétaire générale et le Comité des ministres est essentielle, ainsi que la connexion avec les Nations Unies et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). La semaine dernière, de nouveaux domaines de coopération entre l’APCE et la BERD ont été actés. Le but est d’unir nos efforts pour, d’une part, promouvoir l’égalité de genres et combattre la violence à l’égard des femmes et, d’autre part, promouvoir un environnement sûr, sain et durable. 

L’intelligence artificielle a également été un axe fort des travaux de l’APCE…

Effectivement. Le Comité des ministres travaille sur une Convention sur ce thème et l’APCE, qui est incluse dans les groupes de travail, y apporte une contribution importante. 

Vous aviez aussi annoncé vouloir vous rendre dans les 47 États membres du Conseil de l’Europe, mission impossible en temps de pandémie ?

Je n’ai effectivement pas pu le faire et c’est un regret, car mon but était de rencontrer tous les parlements nationaux pour favoriser le dialogue et promouvoir l’apport potentiel d’une connexion plus affirmée avec les travaux de l’APCE. J’ai dû me focaliser sur les pays où ma visite était importante. 

La prochaine présidence va s’entamer sur fond de montée des tensions, notamment entre la Russie et l’Ukraine, toutes deux membres du Conseil de l’Europe. Quel peut être le rôle de l’APCE ?

L’Assemblée et le Conseil de l’Europe dans son ensemble peuvent aider à faire baisser les tensions. Même si ce n’est pas facile quand les grands joueurs sont dans l’arène, la diplomatie parlementaire a son rôle à jouer. L’APCE est un forum où les délégations nationales doivent s’écouter et peuvent se rencontrer en marge de l’hémicycle. Sur ce point, la pandémie a malheureusement eu un impact sur ces rencontres informelles, mais importantes. 

Quels sont vos projets à partir de lundi ?

Je redeviendrai chef de la délégation belge à l’APCE et un membre actif de l’Assemblée très attentif aux thèmes essentiels à mes yeux : le combat pour l’égalité de genre et la lutte contre les violences faites aux femmes, d’une part ; la connexion entre environnement et droits humains, d’autre part. Avec une immense gratitude pour l’équipe qui m’a assisté lors de mon mandat. Elle a été au rendez-vous d’un président présent à temps plein, qui leur a imposé un rythme intense, parfois diabolique, qui plus est, compliqué par la pandémie.

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