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Bulletin Quotidien Europe N° 12824
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Réunis à Glasgow, les leaders mondiaux scellent plusieurs initiatives pour protéger la planète

Le démarrage de la 26e session de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP26), à laquelle ont participé de nombreux chefs d'État ou de gouvernement de la planète lundi 1er et mardi 2 novembre, a été le théâtre de plusieurs annonces visant à renforcer la lutte mondiale contre les dérèglements climatiques et l'aide aux pays et aux zones géographiques les plus affectés par ce phénomène, principalement en raison des activités des pays les plus développés.

Méthane. Plus de 100 pays, représentant 70% de l’économie mondiale, ont officiellement lancé l’Engagement mondial pour le méthane, une initiative visant à réduire les émissions mondiales de méthane afin de maintenir à portée de main l'objectif de limiter le réchauffement à 1,5 degré Celsius.

Ces pays se sont engagés à réduire leurs émissions de méthane de 30% d'ici 2030 par rapport à 2020 et à utiliser les meilleures méthodes d'inventaire disponibles pour quantifier les émissions de méthane, en mettant l'accent sur les sources à fortes émissions.

Sur les 103 pays, une trentaine avaient déjà annoncé leur volonté de rejoindre cette initiative promue par l’Union européenne et les États-Unis (EUROPE 12809/8).

Ces derniers ont d’ailleurs annoncé une augmentation du soutien financier et technique pour aider à la mise en œuvre de l'engagement. Les organisations philanthropiques mondiales se sont engagées à verser 328 millions de dollars pour soutenir le développement de ces types de stratégies de réduction du méthane dans le monde entier. La BERD, la BEI et le Fonds vert pour le climat fourniront une assistance technique et financeront des projets, tandis que l'Agence internationale de l'énergie jouera le rôle de partenaire de mise en œuvre.

Voir la liste des pays participants : https://bit.ly/3BEWPUn

Lutte contre la déforestation. Plus de cent dirigeants mondiaux ont pris l'engagement d'agir plus fermement contre la déforestation et la dégradation des sols. Participent à l'initiative des pays comme le Brésil, le Canada, la Colombie, l'Indonésie, la République du Congo et la Russie, représentant 85% des surfaces boisées de la planète, d'après un communiqué du gouvernement britannique.

Les mesures prises dans le cadre de cette initiative, telles que la restauration des sols, la lutte contre les feux de forêt et le soutien aux populations indigènes, seront soutenues par une enveloppe proche de 20 milliards de dollars, dont 12 milliards de fonds publics.

La Commission européenne a indiqué que l'Union européenne y contribuerait à hauteur d'un milliard d'euros sur les cinq prochaines années, dont 250 millions pour les huit pays du Bassin forestier du Congo, via l'instrument financier NDICI. 

Carbone. Par ailleurs, lors d’un événement à haut niveau sur le prix du carbone, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé la communauté internationale à suivre l’exemple de l’UE, qui a mis en place depuis 2005 un marché du carbone et qui travaille à l'élaboration d'un mécanisme d’ajustement carbone à ses frontières (CBAM) afin d'empêcher les importations concurrentes de produits ne respectant pas les mêmes normes environnementales.

« Le meilleur mécanisme serait celui qui n'est pas appliqué, parce que tous nos partenaires commerciaux fixeraient également le prix du carbone », a-t-elle expliqué. Elle a aussi prévenu que « l'UE (était) plus que prête à s'engager avec tous les partenaires et institutions internationaux pour parvenir à un cadre mondial de tarification du carbone ». Notamment, la présidente de la Commission a estimé que l'initiative de l'OCDE sur un prix du carbone équivalent méritait d'être discutée, et elle s’est dite favorable à la proposition du FMI d'établir un prix plancher mondial du carbone, « pour autant que cela n'empêche pas les pays en tête de file d'agir plus rapidement ».

Technologies propres. Mardi, de nombreux pays ont également annoncé leur participation à une initiative visant à développer et à rendre plus accessibles d'ici à 2030 les technologies propres dans des secteurs d'activités polluants.

Cette initiative s'appuie sur quatre percées technologiques à atteindre : la production propre et fiable d'énergie à un coût abordable, la généralisation des véhicules électriques, la priorité mise sur la production d'acier et d'hydrogène presque sans émission de carbone.

Les percées technologiques de Glasgow ('Glasgow Breakthroughs') vont stimuler le processus visant à faire des technologies propres le choix le plus abordable et le plus accessible, de sorte que, d'ici à 2030, les technologies propres puissent être utilisées partout, s'est réjoui le Premier ministre britannique, Boris Johnson, convaincu que ce processus permettra de réduire les émissions et de créer des emplois.

Plus d'informations sur cette initiative mondiale : https://bit.ly/3k1dETw

Les petits pas du G20. Réunis fin octobre à Rome, les vingt principales économies de la planète ont renouvelé l'engagement pris en 2015 à Paris, lors de la COP21, de maintenir l'augmentation moyenne des températures bien en dessous de 2 degrés et de poursuivre les efforts pour la limiter à 1,5 degré au-dessus des niveaux préindustriels. Pour cela, ils conviennent d'accélérer les efforts pour parvenir à la neutralité climatique « d'ici à ou autour de 2050 » ('by or around 2050').

« Nous nous sommes engagés à conserver l'objectif de 1,5 degré à portée de main », a noté le président du Conseil italien, Mario Draghi, à l'issue du sommet du G20.

Aucune grande économie n'a annoncé à Rome des engagements plus fermes en matière de limitation des émissions de gaz à effet de serre. Absents à Rome, les dirigeants chinois et russe s'en sont tenus à l'horizon 2060 pour atteindre la neutralité climatique.

Néanmoins, les vingt principales économies de la planète ont repris à leur compte l'engagement des pays du G7 de ne plus subventionner de nouveaux projets de centrales électriques au charbon à l'étranger à partir de fin 2021.

Enfin, le G20 réaffirme l'engagement de l'Accord visant à porter le financement climatique à 100 milliards de dollars par an avant 2020 et jusqu’en 2025. Ce seuil de 100 milliards de dollars ne sera pas atteint avant 2023 (EUROPE 12822/9).

D'après un amendement adopté vendredi 29 octobre et modifiant les conclusions sur le financement climatique du Conseil de l'UE (EUROPE 12805/10), l'Union européenne et ses États membres ont soutenu les pays plus vulnérables à hauteur de 23,39 milliards d'euros en 2020, dont 2,5 milliards du budget de l'UE et 2,7 milliards du Fonds européen de développement.

Voir l'amendement aux conclusions du Conseil : https://bit.ly/3mCwimn

Voir la déclaration du sommet du G20 : https://bit.ly/2Y7D9uu (Mathieu Bion et Camille-Cerise Gessant)

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