Le ministre slovène de la Justice, Marjan Dikaučič, a assuré, jeudi 7 octobre à Luxembourg, qu'il était dans l'intérêt de son pays que la procédure menant à la nomination par la Slovénie de ses deux procureurs délégués européens devant siéger au Parquet européen aboutisse « dans les plus brefs délais ».
Le même jour, le gouvernement de Janez Janša s'est néanmoins dit dans l'incapacité de finaliser la première procédure de sélection, comme l'avait ordonné lundi la justice slovène, au motif que les deux candidats sélectionnés lors de la première procédure, Tanja Frank Eler et Matej Oštir, avaient depuis librement fait acte de candidature dans le cadre d'une deuxième procédure ouverte en juillet.
Le refus du gouvernement Janša d'aller de l'avant dans le cadre de la première procédure avait provoqué la démission de la ministre précédente, Lilijana Kozlovič, en mai. M. Dikaučič a estimé qu'une démission de sa part n'était « pas la solution » pour régler le problème.
Le Parquet européen a démarré ses activités début juin, mais il n'est pas encore opérationnel en Slovénie et ne peut pas lancer des investigations visant à protéger les intérêts financiers de l'UE dans cet État membre en raison de l'absence des deux procureurs délégués européens provenant de Slovénie (EUROPE 12803/3).
« Nous attendons que la procédure suive son cours » afin que tous les États membres participent au Parquet européen, a indiqué le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, sans écarter totalement l'activation d'autres outils pour faire pression sur Ljubljana. (Mathieu Bion)