La délégation de l’Union européenne en Géorgie, en coordination avec les ambassades des États membres sur place, a appelé, dimanche 3 octobre, à remédier aux lacunes repérées lors du premier tour des élections locales tenues la veille.
Le parti au pouvoir, le Rêve géorgien, a obtenu 46,7% des voix contre 30,7% pour le Mouvement national uni, fondé par l'ancien président Mikheil Saakashvili, arrêté la veille à son retour dans le pays.
Selon la délégation, la mission internationale d’observation électorale a conclu que les élections ont été généralement bien administrées, malgré une forte polarisation, que les candidats ont pu faire campagne librement dans un environnement compétitif et que le scrutin s'est déroulé de manière ordonnée et transparente.
Toutefois, elle dénonce des allégations « répandues et cohérentes » d'intimidation, d'achat de voix, de pression sur les candidats et les électeurs et de conditions de jeu inégales. En outre, le parti au pouvoir a bénéficié d'un déséquilibre important en matière de ressources et d'un avantage indu lié au fait d'être en place, précise la délégation, qui note aussi une sous-représentation féminine.
Elle a aussi appelé le pays à remédier à la polarisation actuelle, qui a « un effet négatif sur la démocratie géorgienne », et, dans la perspective du second tour des élections, à faire de toute urgence des efforts supplémentaires pour garantir un processus électoral équitable.
La délégation a aussi annoncé attendre des enquêtes crédibles et rapides sur toutes les plaintes. « Une véritable réforme du système judiciaire est indispensable pour accroître la confiance également dans le traitement des plaintes électorales », a-t-elle prévenu. (Camille-Cerise Gessant)