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Bulletin Quotidien Europe N° 12804
ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

à Brdo, les chefs d'État ou de gouvernement tiendront une discussion stratégique sur la place de l'UE dans le monde

Alors que les chefs d'État ou de gouvernement de l'UE devaient aborder les thèmes de la Chine et du commerce lors de leur dîner informel à Brdo le 5 octobre, l'agenda a été bousculé ces dernières semaines. 

Lors de cette rencontre, à la veille du sommet UE-Balkans occidentaux (voir autre nouvelle), ils aborderont finalement le rôle de l'UE dans le monde, « au vu des récents développements en Afghanistan, du partenariat sur la défense AUKUS et de l'évolution de nos relations avec la Chine », selon les mots du président du Conseil européen, Charles Michel, dans sa lettre d'invitation aux chefs d'État ou de gouvernement. 

Si l'UE a récemment concrétisé sa nouvelle relation avec les États-Unis (EUROPE 12801/20) et publié sa nouvelle stratégie pour l'indo-pacifique (EUROPE 12792/1), l'alliance sur la défense AUKUS conclue entre l'Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni a bousculé l'agenda européen sur plusieurs fronts.

Le 1er octobre, la Commission européenne a, par exemple, reporté sa prochaine série de négociations avec l'Australie au sujet de leur accord commercial (EUROPE 12803/13). La tenue de l'inauguration du Conseil UE-États-Unis pour le commerce et les technologies, le 29 septembre, avait également été remise en question à la Commission européenne, avant d'être finalement maintenue. 

La relation avec Washington devrait occuper une bonne partie des discussions, selon un haut fonctionnaire européen. De nombreuses voix se sont élevées ces dernières semaines parmi les États membres et au sein du Parlement européen, décrivant les États-Unis comme un partenaire non fiable, qui ne partage pas les mêmes intérêts. Un retournement de plus, qui a poussé les dirigeants à vouloir se pencher sur la stratégie européenne face à ses partenaires. 

Charles Michel estime que « nous devons poursuivre un parcours stratégique et augmenter notre capacité à agir de manière autonome pour préserver nos intérêts, maintenir nos valeurs et notre mode de vie et contribuer à construire l'avenir mondial ». Cela doit passer par une Union européenne plus forte et efficace. « Nos objectifs n'ont pas changé de ce côté, mais les développements récents requièrent que l'on réfléchisse à la meilleure manière de les atteindre », a-t-il ajouté à l'adresse des chefs d'État ou de gouvernement.

Chine 

Le sujet de la relation de la Chine, qui figurait déjà à l'agenda, est maintenu. Selon un second haut fonctionnaire européen, un débat stratégique au plus haut niveau est nécessaire, au vu des relations actuelles entre l'UE et la Chine. 

« La politique à l'égard de la Chine n'a pas changé et on ne s'attend pas à ce qu'elle change pendant ce dîner. Mais nous devons voir comment collaborer avec la Chine et, notamment, ce qu'on fait de l'accord d'investissement, dont la ratification est en suspens », a ajouté le haut fonctionnaire européen. 

Bien que les négociations sur l'accord d'investissement entre l'UE et la Chine aient été conclues fin décembre 2020, l'état des relations entre les deux parties s'est dégradé avec l'imposition de sanctions économiques de part et d'autre en 2021. (Léa Marchal)

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