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Bulletin Quotidien Europe N° 12774
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POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

Gazoduc Nord Stream 2, Berlin peine à rassurer Kiev

En visite à Kiev, la chancelière allemande, Angela Merkel, a tenté de rassurer le Président ukrainien, Volodymyr Zelensky, dimanche 22 août, concernant le projet de gazoduc Nord Stream 2 destiné à relier la Russie à l’Allemagne sans passer par l’Ukraine, afin d’acheminer du gaz russe vers l’Europe.

« Nous sommes d’accord avec les Américains sur le fait que le gaz ne doit pas être utilisé comme une arme géopolitique », a ainsi déclaré la chancelière à l’issue de son entretien avec M. Zelensky. Et d’ajouter : « Il est important que l’Ukraine reste un pays de transit (du gaz) ».

Le Président ukrainien n’a cependant pas paru convaincu. « Nous examinons ce projet uniquement du point de vue de la sécurité et le considérons comme une dangereuse arme géopolitique du Kremlin », a-t-il ainsi déclaré.

Deux jours avant son arrivée à Kiev, Mme Merkel n’était pas parvenue à trouver un accord avec le Président russe, Vladimir Poutine, en vue de prolonger l’accord de transit du gaz russe vers l’Europe via l’Ukraine. Conclu en décembre 2019 avec l’aide de la Commission européenne (EUROPE 12395/10), cet accord expirera en 2024.

Nord Stream 2 suscite les inquiétudes de l’Ukraine ainsi que de certains États membres de l’UE et des États-Unis, qui craignent que le gazoduc ne soit utilisé comme un levier géopolitique par Moscou en augmentant la dépendance de l’UE à l’égard du gaz russe.

« Je pense que c’est une erreur de ne pas remarquer qu’il s’agit d’une arme dangereuse, non seulement pour l’Ukraine, mais aussi pour l’ensemble de l’Europe », a ainsi insisté le Président ukrainien, alors que l’administration Biden a récemment renoncé à prendre des sanctions contre le projet.

L’Ukraine redoute en outre le fait que ce gazoduc mette en péril la prolongation de l’accord de transit conclu avec Moscou. Un échec représenterait une perte de plusieurs milliards de dollars pour le pays, M. Zelensky ayant estimé les recettes provenant de l’accord actuel à plus de sept milliards de dollars.

La rencontre entre les deux dirigeants politiques a été suivie, lundi 23 août, d’une discussion entre les ministres de l’Énergie de l’Ukraine, des États-Unis et de l’Allemagne dans le but de fournir de « véritables garanties » à Kiev au sujet du transit du gaz par le pays une fois la construction de Nord Stream 2 achevée.

« Dans la perspective actuelle, nous ne devrions rejeter aucune suggestion, mais aussi ne pas créer d’obstacles insurmontables », a déclaré à cette occasion le ministre allemand, Peter Altmaier.

Lundi s'est ouvert le premier sommet de la plateforme de Crimée auquel Mme Merkel n'a pas participé (EUROPE 12774/3). (Damien Genicot)

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