Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a annoncé, vendredi 30 avril, que l’UE était prête à aider à la mise en place d’un dialogue constructif en Birmanie, afin de ramener le pays sur la voie démocratique.
« L'UE est prête à soutenir l’Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE), son président, son secrétaire général et l'envoyé spécial pour faciliter un dialogue constructif avec toutes les principales parties prenantes en vue de ramener la Birmanie sur la voie de la démocratie », a souligné le Haut Représentant dans une déclaration au nom de l’UE.
Selon M. Borrell, le consensus en cinq points de l’ANASE (EUROPE 12706/18) constitue « une première étape positive et importante » pour engager un processus d’apaisement et de retour à la transition démocratique en Birmanie et il est nécessaire qu’il soit mis en œuvre rapidement et fidèlement. Il a aussi rappelé le soutien de l’UE aux efforts de l’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies.
Se disant solidaire de tous ceux qui militent et œuvrent « en faveur d'une démocratie ouverte à tous et du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales », l’UE a salué, dans ce contexte, les efforts déployés par le Comité représentant l'Assemblée de l'Union - le Pyidaungsu Hluttaw (CRPH) -, le gouvernement d'unité nationale et d'autres forces favorables à la démocratie qui œuvrent en faveur d'une résolution pacifique de la crise actuelle. « Leurs voix représentent les souhaits démocratiques de la population birmane et ils doivent être des acteurs essentiels de tout dialogue politique véritable et ouvert à tous », a ajouté M. Borrell.
Le Haut Représentant a aussi de nouveau demandé à la junte militaire de mettre immédiatement fin à tous les actes de violence, de faire preuve de la plus grande retenue et de respecter le droit international et les droits de l'homme, de restituer le pouvoir au gouvernement civil élu et de libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes détenues arbitrairement dans le cadre du coup d'État. Plus de 750 personnes auraient été tuées par les forces armées depuis le coup d’État du 1er février.
Alors que les tensions entre l’armée et des groupes ethniques armés se sont intensifiées ces dernières semaines, l’UE a appelé à l'application immédiate et efficace du cessez-le-feu et à eviter toute nouvelle escalade.
L’Union a aussi annoncé qu’elle continuerait à fournir une aide humanitaire et qu'elle était prête à coopérer avec le Centre de coordination de l'aide humanitaire de l'ANASE à cet égard. Tous les réfugiés, les personnes déplacées et les personnes dans le besoin doivent avoir un accès rapide, sûr et sans entrave à l'aide humanitaire, a estimé M. Borrell. (Camille-Cerise Gessant)