La visite, mardi 5 janvier, à Lisbonne, du président du Conseil européen, Charles Michel, a marqué le lancement du programme officiel de la Présidence portugaise du Conseil de l’UE.
L’occasion pour son hôte, le Premier ministre portugais, António Costa, de rappeler les trois grandes priorités de cette quatrième Présidence du Portugal, la première sous le traité de Lisbonne.
La Présidence portugaise veut tout d'abord travailler sur la reprise économique post-Covid-19. « Il est temps d’agir pour une reprise juste, verte et numérique », a prévenu M. Costa, reprenant le slogan de la Présidence. Cette reprise va se fonder sur deux piliers : la transition climatique et la transition numérique. « Ce ne sont pas des obstacles, mais des opportunités pour les économies européennes », a-t-il expliqué.
Pour avoir une réelle reprise, cependant, la situation sanitaire doit s’améliorer. « Nous avons besoin des vaccins pour éliminer la pandémie et que la reprise soit incontournable », a reconnu M. Costa.
« Cette Présidence portugaise démarre alors que nous ne sommes pas sortis du Covid-19. Nous sommes totalement mobilisés afin de déployer les vaccins, c’est un défi gigantesque face à nous », a expliqué M. Michel. Interrogé sur le déploiement des vaccins, il a expliqué qu’il mesurait bien l’impatience, « mais nous allons continuer, jour après jour, à déployer les vaccins ». « Il faut bien se rendre à l’évidence que l'on ne peut pas produire en un jour 450 millions de doses ni les administrer », a ajouté M. Costa, estimant qu'il était « important que tout le monde soit vacciné, (car) ce n’est qu’avec la vaccination collective que l’on pourra reprendre nos activités ».
Le président du Conseil européen a annoncé la tenue, avant la fin du mois de janvier, d’une nouvelle vidéoconférence des chefs d’État ou de gouvernement européens « pour aborder la question de la gestion de la crise, pour limiter la propagation du virus ».
Autre sujet d’importance pour le Portugal : développer le pilier social de l’UE. « Nous avons besoin d’une base solide pour redonner la confiance à tous et pour faire face aux défis : la transition numérique et la transition verte, investir dans les qualifications et l’innovation, garantir la protection sociale, pour que ces transitions se transforment en opportunités pour tous et que personne ne soit oublié », a expliqué le Premier ministre portugais. « Certains ont peur de la numérisation, peur de l’impact de la transition climatique sur l’industrie automobile... Il faut trouver des vaccins contre ces craintes, ce meilleur vaccin est un pilier social robuste », selon lui. Le sommet prévu pour les 7 et 8 mai à Porto devrait permettre aux Européens de s'engager « de façon commune pour une Europe sociale », a promis M. Costa.
Enfin, le Portugal plaide pour une autonomie stratégique de l’Europe plus importante, que cette dernière s’affirme en tant qu’acteur mondial tout en restant ouverte sur le monde (voir autre nouvelle). (Camille-Cerise Gessant)