Pour mieux faire face aux besoins humanitaires croissants dans le monde, la Commission européenne propose de doper le budget humanitaire de l'UE avec 5 milliards d'euros additionnels, dans sa proposition révisée de cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 pour la relance post-épidémie de Covid-19.
Ces ressources financières seront financées par l'instrument de relance de l'UE et font partie des 15,5 milliards € d'augmentation du futur budget de l'UE dévolu à l'Action extérieure (voir autre nouvelle).
Alors que l'UE est déjà le premier donateur mondial, le budget humanitaire serait donc porté à 14,8 milliards €.
« Avant la pandémie, le budget humanitaire que nous avions était déjà insuffisant pour répondre aux besoins aigus. Année après année, nous étions contraints de demander un budget renforcé sur une base ad hoc. Les projections les plus récentes font état d'une augmentation catastrophique des besoins », a souligné le commissaire à la Gestion des crises, Janez Lenarčič, en conférence de presse.
Selon lui, l'augmentation substantielle du budget humanitaire permettra à la fois de « combler ce déficit de financement qui sera aggravé par la pandémie » et de mieux répondre aux besoins dans le monde.
Dans son évaluation des besoins humanitaires, publiée en décembre, avant la pandémie du nouveau coronavirus, le Bureau des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) estimait que près de 168 millions de personnes auraient besoin d'aide et de protection en 2020 (contre 130 millions en 2018), le chiffre le plus élevé depuis des décennies, et qu'ils seraient 212 millions en 2022, a rappelé M. Lenarčič.
Si l'on ajoute la pandémie de Covid-19, il faut prendre en compte l'impact direct sur les systèmes de santé, les systèmes d'assainissement, la logistique, la faim - 265 millions de personnes dans le monde pourraient être gravement menacées par la faim d'ici à la fin de 2020. Mais il convient aussi de tenir compte de son impact indirect de long terme sur la situation économique et sociale des pays, estime le commissaire.
Cela, sans oublier les besoins liés au changement climatique, aux conflits, à l'insécurité alimentaire, aux maladies comme le choléra, la rougeole et Ebola.
La réserve de solidarité et d’aide d’urgence du futur CFP permettra en outre de répondre rapidement aux urgences imprévisibles.
Les fonds du budget d'aide humanitaire viendraient en plus des 2 milliards d'euros additionnels prévus pour renforcer le mécanisme de protection civile de l'UE et sa réserve stratégique d'équipements 'RescEU' (budget de 3,1 milliards €). Celle-ci est destinée à venir en aide aux États membres de l'UE ou aux pays tiers aux capacités dépassées par l'ampleur d'une catastrophe naturelle, sanitaire ou d'origine humaine (EUROPE 12494/6).
« RescEU ainsi renforcée garantirait qu'à l'avenir, l'UE soit bien équipée pour soutenir les États membres et les citoyens quand les capacités nationales seraient insuffisantes pour faire face » (overwhelmed), a souligné le commissaire.
Cette innovation nécessitera une simple modification technique du règlement de 1996 concernant l'aide humanitaire (règlement (CE)1257/96).
Pour consulter la proposition de la Commission (en anglais) : https://bit.ly/36SVoUo (Aminata Niang)