Les ministres de l’Énergie des États membres de l'UE discuteront principalement de l’impact de la pandémie de Covid-19 sur le secteur de l’énergie, mais aborderont également la question des plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC), mardi 28 avril, à l’occasion d’une réunion informelle par vidéoconférence.
Impact du Covid-19. La discussion relative au premier point se déroulera en deux temps : un premier échange sur l’impact du Covid-19 sur la sécurité de l’approvisionnement énergétique de l’Union européenne (résilience du secteur énergétique européen, capacités de stockage…) et un deuxième échange concernant la préparation de la relance économique, notamment le lien avec le Green Deal européen.
Au cours de ce deuxième échange, certains États membres devraient faire part de leurs craintes que la chute des prix des combustibles fossiles complique la transition vers les énergies renouvelables en rendant ceux-ci moins compétitifs qu’auparavant.
Préoccupées par cette question, les autorités françaises ont d’ailleurs adressé un document aux autres États membres, dans lequel elles indiquent que « les prix des combustibles fossiles extrêmement bas […] font peser un risque important sur nos politiques de transition énergétique ».
Pour la France, une réflexion doit donc être engagée « pour identifier les méthodes les plus pertinentes afin de garantir que les coûts environnementaux des combustibles fossiles soient dûment pris en compte, au-delà de leur seul prix de marché, par le biais d’un prix plancher du carbone ».
Le document suggère ensuite trois pistes : (1) la révision à venir de la directive européenne sur la taxation de l’énergie ; (2) un renforcement du système d’échange de quotas d’émissions (ETS) ; (3) une combinaison de ces deux options.
D’autres États membres pourraient également s’exprimer dans ce sens, les Pays-Bas ayant, par exemple, déjà pris position en faveur de l’introduction d’un prix plancher pour le carbone dans le cadre du système ETS (https://bit.ly/2KD3IgH ).
À l’instar de la Pologne, certains pays sont néanmoins opposés à un renforcement de l’ETS.
Les autorités françaises considèrent en outre que la 'réserve de stabilité du marché' du système ETS doit être renforcée sans délai afin de faire face au risque de résurgence d’un important surplus de quotas d’émissions qui entraverait les investissements de décarbonation.
Autres sujets. En outre, la Commission européenne informera les ministres de l’état d’avancement des travaux concernant les plans nationaux Énergie/Climat et les stratégies de rénovation à long terme. À ce jour, quatre États membres n’ont toujours pas remis leur PNEC à la Commission (l’Allemagne, l’Irlande, le Luxembourg et la Roumanie – EUROPE 12470/25).
Enfin, à la suite d’une demande émanant de quatre pays (l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche et le Danemark), l’intégration sectorielle intelligente (‘smart sector integration’) pourrait également faire l’objet d’un échange entre les ministres. La présentation de la stratégie de la Commission dans ce domaine est prévue pour le 24 juin, mais pourrait être reportée en raison du coronavirus.
Pour consulter le document des autorités françaises (en anglais) : https://bit.ly/3aCEVnv (Damien Genicot)