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Bulletin Quotidien Europe N° 12475
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POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

Les eurodéputés de la commission Libertés civiles inquiets de l'aggravation de la situation en Libye

La commission des Libertés civiles du PE a invité, lundi 27 avril, des représentants du Haut -Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), de l’ONG allemande Sea-Eye, mais aussi de l’Agence européenne de garde-côtes et garde-frontières pour faire le point sur la situation en Libye.

Ces représentants ont tous insisté sur la nécessité de trouver des solutions pour ces personnes bloquées en Libye, qui ne peut en aucun cas être considérée comme un pays sûr : le UNHCR a enregistré plus de 48 000 demandeurs d'asile actuellement dans le pays et les cas de prostitution et de mariage forcé se multiplient. Certains demandeurs d’asile paient aussi des pots-de-vin pour rentrer dans les centres de rétention, dans l’espoir d’être intégrés à des programmes de relocalisation dans d’autres pays.

L’audition, très saccadée en raison de nombreux problèmes techniques, a aussi été l’occasion d’appeler au renforcement des capacités de sauvetage en mer alors que des migrants tentent toujours de quitter la Libye et de venir dans l’UE.

La situation en Libye s’est aggravée, a reconnu la Commission, qui a rappelé ne pas avoir de compétences en matière de sauvetage en mer, mais a dit tout faire pour aider les États membres à prendre en charge les arrivées et, notamment, la relocalisation entre pays.

Les arrivées dans le cadre de l’opération Thémis (ex-Triton) ont en effet progressé en ce début de 2020, selon le patron de l’agence Frontex, Fabrice Leggeri, par rapport à la même période en 2019, avec 2 800 personnes comptabilisées.

Le Français a aussi noté qu’avec la pandémie, les capacités de détection des garde-côtes avaient diminué. Frontex maintient des opérations de secours en mer, mais des limitations sont rencontrées en raison du Covid-19, en particulier en Italie.

De son côté, l’ONG Sea-Eye a critiqué l’Italie et Malte pour avoir fermé leurs portes aux bateaux d’ONG, un bateau avec 63 personnes à bord ayant ainsi dû attendre 3 jours pendant la période de Pâques pour être pris en charge par Malte.

Plainte d’Oxfam

L’ONG Oxfam a annoncé, le 27 avril, avoir déposé une plainte auprès de la Cour des comptes européenne contre l'UE, qui « devrait suspendre le financement de son programme visant à endiguer la migration en provenance de Libye, parce que ce programme enfreint les lois budgétaires de l'UE et le droit international en matière de droits de l'homme ». Il est doté de 90 millions d’euros.

La plainte fait valoir que la Commission apporte un soutien financier à des projets « qui aboutissent au retour de personnes en Libye, où elles sont confrontées à des abus, en violation de ses obligations de ne pas contribuer à de graves violations des droits de l'homme ».

« On n’augmente pas les budgets pour les garde-côtes libyens, il y a une redirection des fonds vers la santé, les soins essentiels », notamment dans les communautés d’accueil pour les demandeurs d’asile et réfugiés, a répondu une représentante de la DG NEAR. (Solenn Paulic)

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