Le plan européen de lutte contre le cancer pourrait être retardé en raison de l'épidémie de Covid-19, mais ce retard ne devrait pas être « très long ». C'est ce qui ressort d'une conférence en ligne organisée lundi 27 avril par le European Policy Centre avec des représentants de la Commission européenne.
Au nom de la direction générale de la santé (DG SANTE), Matthias Schuppe a rappelé que sur les deux consultations lancées le 4 février par la Commission, celle à destination de tous les acteurs était toujours en cours, jusqu'au 7 mai (EUROPE 12418/4). « Nous allons mener à bien cette consultation et l'objectif est d'avoir un plan de lutte contre le cancer pour adoption à la fin de cette année ou au début de l'année prochaine », a déclaré M. Schuppe, laissant planer le doute sur un calendrier exact. Pour rappel, la Commission devait publier dans les prochains jours un calendrier de travail revu selon l'évolution de la pandémie, mais elle a finalement repoussé cette échéance à la mi-mai. Sur le contenu du futur plan, M. Schuppe a indiqué qu'il s'agirait d'une communication-cadre de la Commission. « Elle n'inclura pas de nouvelles régulations en tant que telles, mais bien des engagements à mettre sur la table de nouvelles mesures », a-t-il précisé, laissant entendre que des dispositions non contraignantes (soft law) pourraient concerner le dépistage ou la qualité des soins.
Pour la division générale de l'environnement (DG ENVI), Joachim D'Eugenio a évoqué les engagements de la Commission von der Leyen au titre du Pacte vert. Il a notamment rappelé l'intention de la Commission d'adapter la législation de l'UE sur la qualité de l'air aux lignes directrices de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon lui, 9% de la population vit dans des zones où les limites européennes sont dépassées et ce pourcentage monte à 76% lorsque l'on se réfère aux valeurs limites recommandées par l'OMS. « Donc, les gens ne sont pas assez protégés », a-t-il conclu. Il a aussi laissé entendre que la Commission planifiait de présenter une stratégie sur les produits chimiques durant la deuxième moitié de 2020 et de revoir la directive sur les émissions industrielles en 2021.
Pour la Société européenne d'oncologie médicale, l'UE a besoin de politiques efficaces. « On s'attend à enregistrer, d'ici à 2040, 30 millions de nouveaux cas de cancer. Mais on sait que 40% de ces cas, donc 12 millions, sont évitables », a déclaré la directrice des affaires publiques de l'organisation, Rosa Giuliani, plaidant notamment pour la mise en place de registres permettant de mieux comprendre la prévalence et l'incidence de la maladie. (Sophie Petitjean)