Le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), Peter Stano, a rejeté, lundi 27 avril, les allégations de pressions de la Chine en ce qui concerne la publication d’un rapport de l’UE sur la désinformation.
Vendredi 24 avril, à l’occasion de la publication d’un rapport du Service européen pour l’action extérieure sur la désinformation en lien avec le Covid-19, un article du New York Times avait dévoilé des pressions chinoises sur l’Union pour qu'elle supprime du document ses critiques envers Pékin. Selon le média américain, le rapport, bien qu'il ait été publié, aurait été adouci.
« Je refuse et conteste absolument toute indication ou affirmation selon laquelle, dans nos rapports, nous nous soumettrions à quelconque pression extérieure », a expliqué M. Stano. Selon lui, il y a deux rapports : l’un interne et l’autre public, et ces deux rapports ont été conçus selon des objectifs et des procédures différents.
Le porte-parole a refusé de dire si des échanges étaient intervenus entre l’UE et la Chine sur ce rapport avant sa publication, expliquant que les échanges diplomatiques sont confidentiels.
Quoi qu’il en soit, le groupe PPE au Parlement européen a demandé au Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, d’« expliquer en détail et sans délai ce qu’il est advenu du rapport ». Selon la vice-présidente du groupe chargée des Affaires étrangères, Sandra Kalniete (lettone), il serait « totalement inacceptable » que le SEAE, « chargé de fournir au public de l'UE des informations complètes et impartiales et de défendre l'Europe dans cette campagne de désinformation », « se montre prêt à revenir sur ses constatations et à se faire lui-même la victime de la propagande étrangère ».
Voir le rapport du SEAE sur la désinformation : https://bit.ly/2Yea523 (Camille-Cerise Gessant)