L’épidémie de COVID-19 constitue désormais une situation d’urgence à l’évolution rapide: les chiffres et les mesures nécessaires évoluent constamment dans l’ensemble de l’Europe et à l’échelle planétaire, touchant tous les pans de la société.
Jamais, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la communauté internationale n’a été confrontée à une crise d’une telle ampleur. Aucun gouvernement, en Europe ou ailleurs, ne peut légitimement imaginer qu’il viendra seul à bout de cette pandémie. Tous les États membres doivent se rassembler, s’entraider et coordonner leurs actions. Une approche fragmentée des États membres serait la meilleure manière de courir au désastre. Si nous nous trompons, il n’y aura peut-être pas de deuxième chance.
Nos pensées vont vers les victimes directes de la pandémie et nous rendons hommage à tous ceux, dans le secteur de la santé et dans d’autres, qui luttent contre le coronavirus, faisant montre de courage et d’un incroyable sens des responsabilités. Nous devons soutenir et louer leurs efforts, tout en garantissant des mesures à même d’assurer la santé et la sécurité de chacun d’entre eux.
Au cours des trois dernières semaines, les institutions de l’Union européenne ont travaillé sans relâche à l’élaboration d’un plan d’urgence. Elles ont pris des décisions sans précédent pour lutter contre la pandémie de COVID-19 et, après quelques hésitations initiales, il s’est avéré que les États membres, confrontés à une menace mondiale, ne peuvent absolument pas se passer d’une stratégie cohérente et coordonnée.
Le CESE s’est efforcé d’apporter des conseils et des contributions, tout d’abord en publiant rapidement une déclaration, adoptée par procédure écrite par le bureau avec le plein appui des groupes, puis en répondant à la demande du Parlement européen de contribuer par trois positions à la séance plénière extraordinaire du 26 mars. J’ai également réagi personnellement en publiant plusieurs autres déclarations préconisant de ne ménager aucun effort (#whateverittakes), conformément aux positions du CESE.
L’Union européenne a modifié ses règles économiques, qui semblaient jusqu’à présent gravées dans le marbre. Elle a activé la clause dérogatoire générale du pacte de stabilité et de croissance. Elle a accordé une flexibilité supplémentaire concernant les règles en vigueur en matière d’aides d’État. Elle a modifié la réglementation sur les créneaux horaires dans les aéroports et étendu le champ d’application du Fonds de solidarité de l’UE aux situations d’urgence sanitaire, même si elle ne va pas assez loin dans la définition des opérations spécifiques susceptibles de bénéficier d’un financement pour faire face à la crise pandémique, comme le CESE l’a souligné dans un avis.
En outre, un ensemble complet d’aides financières a été rapidement mis en place de manière coordonnée au niveau européen: 750 milliards d’euros de la Banque centrale européenne, 40 milliards d’euros de prêts supplémentaires de la Banque européenne d’investissement et les 37 milliards d’euros débloqués par la Commission européenne par l’intermédiaire des Fonds structurels.
Le dernier Conseil européen, malgré l’engagement de nombreux chefs d’État et de gouvernement, n’a pas obtenu les résultats attendus.
Nous vivons une situation exceptionnelle, synonyme d’une pression insupportable sur les citoyens, les entreprises et les travailleurs de l’Union, qui s’inquiètent à juste titre pour leur santé, leur emploi et l’avenir de leurs enfants. Cette période exige un acte de courage unanime.
Il y a 63 ans, les nations fondatrices de l’Union européenne ont signé le traité de Rome et transformé un rêve en réalité: un continent uni, fondé sur une vision commune, des principes partagés et un même destin.
Aujourd’hui, il ne s’agit pas de créer l’Union, mais de la sauver. Nous devons être capables de faire face aux urgences. Le CESE a appelé à un plan de relance complet, de l’ampleur du plan Marshall ou du New Deal.
Je voudrais rappeler que le 6 avril, à la veille de la réunion de l'Eurogroupe du 7 avril, le Comité économique et social européen a adopté une déclaration appelant à des réponses rapides et urgentes à la pandémie de COVID-19. Nous avons souligné que, face aux préoccupations de santé publique et aux conséquences politiques, économiques et sociales de la crise, nous soulignons la nécessité cruciale d'une action commune et rapide. Le Comité insiste sur le fait que cette pandémie est un test de solidarité en termes politiques, financiers, sociaux et scientifiques pour l'Union européenne. En ces temps difficiles, nous ne devons pas oublier que nous appartenons à une communauté de destin partagé. Seule une Union européenne qui défend le principe de solidarité sera en mesure de faire face à la crise, ont affirmé les membres du CESE. Le CESE est convaincu qu'en ces temps de grande incertitude, seul un plan européen global de relance économique permettra à l'UE de reconstruire une économie européenne plus durable et plus résiliente. Dans cette déclaration, le CESE donne des orientations claires pour un effort commun afin de faire face aux effets de cette pandémie qui touche les entreprises, les travailleurs, la société civile et le bien-être de toutes et tous.
En tant que président, je compte sur tous les membres pour contribuer, par l’intermédiaire des groupes et des sections, à élaborer des scénarios et des outils permettant de surmonter cette crise. Les possibilités sont nombreuses, bien qu’elles ne soient pas encore clairement définies: lignes de crédit du MES, «corona-bonds», un Trésor de la zone euro et même des dépenses ponctuelles conjointes.
Toutes les composantes de la société devront travailler ensemble à l’effort mondial de relance. L’organe consultatif représentant la société civile organisée européenne qu’est le CESE se doit de contribuer à dégager de nouvelles solutions, dans l’esprit d’une solidarité européenne renouvelée.