Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, tout comme le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, ont appelé à l’apaisement, vendredi 28 février, après la mort d'une trentaine de soldats turcs dans une frappe des forces gouvernementales syriennes dans la région d'Idlib.
« Il est urgent de mettre un terme à l'escalade actuelle. Il y a un risque de glissement vers une confrontation militaire internationale ouverte majeure », a prévenu le Haut Représentant sur son compte Twitter. Selon lui, l’UE va envisager « toutes les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts en matière de sécurité ». « Nous sommes en contact avec tous les acteurs concernés », a ajouté M. Borrell. Celui-ci s'est ainsi entretenu, vendredi dans l'après-midi, avec les ministres des Affaires étrangères turc et russe.
L'OTAN solidaire de la Turquie
À l’issue d’une rencontre du Conseil de l’Alliance convoquée en urgence à la demande de la Turquie, Jens Stoltenberg a souligné le « plein soutien » des Alliés à la Turquie, tant politique que pratique.
« Les Alliés condamnent la poursuite des frappes aériennes aveugles du régime syrien et de la Russie dans la province d'Idlib », a annoncé le secrétaire général aux médias à l'issue du Conseil, appelant la Russie et la Syrie à mettre fin à leur offensive, au respect du droit international et à soutenir les efforts des Nations unies pour une solution pacifique.
« Cette situation dangereuse doit être désamorcée et nous demandons instamment un retour immédiat au cessez-le-feu de 2018 », a ajouté le secrétaire général.
Au-delà du soutien politique, l'Alliance apporte aussi un soutien pratique à la Turquie, notamment en augmentant ses défenses aériennes et avec des avions AWACS, qui aident à patrouiller. Si M. Stoltenberg a précisé que les Alliés examinaient constamment ce qu'ils pouvaient faire de plus en vue d'un soutien supplémentaire à la Turquie, il n’a fait aucune annonce concrète.
Lors d’une conversation téléphonique, vendredi 28 février, les présidents russe et turc sont convenus de l’importance « d’améliorer l'efficacité de la coordination » entre leurs ministères de la Défense et de la nécessité d'adopter des mesures supplémentaires afin de normaliser la situation dans le nord-ouest de la Syrie.
Par ailleurs, M. Borrell, tout comme M. Stoltenberg, se sont inquiétés de la situation humanitaire à Idlib. (Camille-Cerise Gessant)