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Bulletin Quotidien Europe N° 12435
ACTION EXTÉRIEURE / Afrique

Les Commissions européenne et de l'Union africaine déterminées à renforcer le partenariat stratégique UE/UA

La Commission européenne et la Commission de l'Union africaine ont exprimé, jeudi 27 février, à Addis Abeba, lors de leur dixième réunion annuelle, leur volonté commune de porter au niveau supérieur le partenariat stratégique entre l'UE et l'UA pour assurer la croissance verte et durable et la prospérité des deux continents en relevant ensemble les défis d'aujourd'hui.

« Au niveau de l'UA, nous sommes disposés à renforcer notre partenariat stratégique entre nos deux continents. Nous nous réunissons en tant que partenaires pour affronter les nouveaux défis mondiaux et trouver des solutions innovantes pour notre sécurité collective et les progrès de nos peuples », a déclaré le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki, indiquant que les grands thèmes de réflexion qui ont guidé les échanges « constitueront les axes de notre coopération ». Et de citer notamment la démocratie, la justice et les droits de l'homme, la paix et la sécurité, l'environnement et le changement climatique, les questions commerciales, industrielles et les infrastructures.

Il s'est réjoui que la Commission européenne ait été représentée au sommet du G5 Sahel à Nouakchott (Mauritanie), dominé par la lutte contre le terrorisme. Il a aussi insisté sur le fait qu'une partie des difficultés de l'Afrique provient des effets du changement climatique, « la rareté des ressources induite par ce phénomène [étant] source de conflits récurrents, d'exodes et de migrations ».

« Je suis convaincue que nous sommes - l'Union africaine et l'Union européenne - des partenaires naturels. Et nous avons beaucoup en commun. Nous avons donc beaucoup à gagner si nous travaillons en étroite collaboration, si nous échangeons nos expériences et nos connaissances et si nous recherchons des situations où tout le monde est gagnant », a renchéri la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l'issue de leur entretien bilatéral. 

« Nous avons discuté de la zone de libre-échange et je ne peux que féliciter l'Union africaine pour ce succès. Car nous savons tous les deux que la suppression des barrières entre les États membres pour le libre-échange est la meilleure voie vers la prospérité. Et nous sommes d'accord sur le fait que c'est aussi un projet très intéressant au niveau de l'Union européenne et de l'Union africaine pour ouvrir des opportunités commerciales et des possibilités d'investissement aux investisseurs des deux parties », a-t-elle notamment ajouté.

Les tables rondes thématiques, auxquelles a participé un nombre record de commissaires européens, ont permis, selon elle, « d'écouter » les partenaires africains. Ces thématiques se refléteront dans la proposition de stratégie globale de l'UE avec l'Afrique, qui, le 4 mars, donnera le coup d'envoi d'un processus de consultation plus large conduisant à la réunion ministérielle UE-UA en mai 2020 à Kigali (Rwanda) et au sixième sommet UA-UE en octobre à Bruxelles, où les deux parties conviendront d'une approche commune sur des priorités communes.

 « Les investissements et la création d'emplois exigent de la stabilité », a souligné le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell. Partant, il estime que trois grands principes devront être observés : - « ce qui se passe en Afrique a un impact sur nous » et il est donc dans l'intérêt des partenaires de garantir une paix et une sécurité durables en Afrique ; - il faut des solutions africaines aux problèmes africains, mais « nous pouvons aider par le biais des organisations régionales et internationales » ; - il faut s'adapter à la nature changeante des menaces. 

Environnement et changement climatique. Les deux parties sont d’accord pour : - préparer ensemble la COP26 de Glasgow, en vue d'une approche commune de l'adaptation, sujet cher aux Africains ; - développer des réactions rapides en cas de catastrophe naturelle ; - coopérer en matière d'énergie « en évitant les erreurs que nous avons commises », selon Frans Timmermans, pour garantir à l'Afrique un avenir fondé sur l'énergie durable ; - accroître la coopération en matière de transport ferroviaire.

Croissance durable et emplois. Sur la base des progrès engrangés par le groupe de travail commun, les deux parties sont convenues de coopérer en matière d'économie, de numérique et de commerce.

« L'UE comme l'UA a une stratégie numérique. Les fondamentaux devront être en place : les infrastructures et les compétences pour permettre aux données de voyager. La numérisation devra placer l'humain en son centre », a commenté Margrethe Vestager.

Pour garantir le succès de la zone de libre-échange, l'UE aidera par l'échange d'informations sur l'union douanière et le marché unique.

Les deux parties sont convenues d'organiser un sommet des affaires en marge du sommet UA/UE d'octobre pour permettre le partage d'expériences et faciliter le développement de l'Union douanière et du marché unique africains.

Elles ont aussi décidé de renforcer leur coopération en matière d'investissements. 

Paix, sécurité, gouvernance. Les deux parties ont réaffirmé leur détermination à agir pour s'attaquer aux menaces globales comme le terrorisme et l'extrémisme violent, mais aussi de combiner l'architecture de paix et de sécurité et l'architecture de la gouvernance pour s'attaquer aux causes profondes de ces phénomènes.

Un groupe de travail commun se concentrera sur la justice et la justice transitionnelle et un autre sur les nouvelles menaces comme la cybercriminalité, les défis de l'intelligence artificielle, les discours de haine et les 'fake news'.

Migration, mobilité, jeunesse. Les commissaires compétents de l'UE et l'UA sont convenus de poursuivre leur dialogue sur la migration et la mobilité en tant que 'thème parapluie' (umbrella framework) à l'intérieur duquel se poursuivront les discussions dans les processus existants (Processus de Rabat ou celui de Khartoum). 

Le groupe de travail UE/UA/ONU, créé en 2014 au Sommet UA/UE d'Abidjan, pour la protection, l'aide au retour volontaire et la réintégration chez eux de migrants bloqués en Libye, sera étendu en coopération avec le G5 Sahel. Les trois centres de migrants au Maroc, au Mali et au Soudan seront rendus opérationnels. 

Ont été identifiés comme nouveaux domaines de coopération : la sécurité sanitaire, l'industrie culturelle et créative, l'éducation. (Aminata Niang)

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