login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12422
Sommaire Publication complète Par article 14 / 25
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Le Parlement européen veut être étroitement associé à l'évaluation de la stratégie de politique monétaire

Les eurodéputés adopteront, mercredi 12 février, le projet de rapport 'Mavrides', qui demande à la Banque centrale européenne (BCE) de l'associer étroitement au processus d'évaluation de la stratégie de politique monétaire que l'Institut de Francfort mènera durant toute l'année 2020 (EUROPE 12410/1).

Les députés estiment en effet qu'il est « opportun et justifié » de réviser le cadre de politique monétaire de la BCE, pour « lui donner les outils nécessaires à la réalisation de son objectif premier de stabilité des prix tout en soutenant les politiques générales de l’Union ».

L'une des questions auxquelles cette évaluation devra répondre concerne la façon dont la BCE peut intégrer l'enjeu climatique dans la détermination de sa politique monétaire et d'investissement.

Le projet de rapport soumis par la commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du PE demande à la BCE d'étudier l’incidence sur le changement climatique de son opération de rachat massif de titres privés et publics ('asset purchase program' ou APP). Il constate en effet que « 62,1% des achats d’obligations d’entreprises effectués par la BCE concernent des secteurs responsables de 58,5% des émissions de gaz à effet de serre de la zone euro ».

Face à une conjoncture économique caractérisée par des taux d'intérêt très faibles, les députés reprennent à leur compte les déclarations de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, selon laquelle la politique monétaire ne peut, à elle seule, assurer la durabilité de la croissance et la stabilité des prix et doit être épaulée par une politique budgétaire de soutien et la concrétisation de réformes structurelles.

D'ailleurs, les députés adoptent une position équilibrée sur la pertinence de taux faibles ou négatifs. Ceux-ci, estiment-ils, renforcent le dynamisme économique et font baisser le chômage et le coût du crédit, situation qui bénéficie aux consommateurs, aux entreprises, aux travailleurs et aux emprunteurs. Mais ils notent aussi que la faiblesse des taux peut avoir des répercussions négatives sur les systèmes de retraite et d’assurance, car ils se traduisent par de faibles rendements et des difficultés pour les épargnants individuels.

Mme Lagarde, qui se décrit elle-même comme « une chouette » au sein d'un Conseil de gouverneurs parfois décrit comme un repaire de faucons et de colombes, devrait aussi s’employer à réduire « les fractures » au sein du Conseil des gouverneurs de l’institution, qui sont apparues au plein jour l'automne dernier lorsque l'institut monétaire a décidé de relancer le programme APP (EUROPE 12326/1).

Enfin, le PE réclame des mesures de transparence de la part de la BCE, parmi lesquelles : – la publication obligatoire des déclarations d’intérêts des membres du Conseil des gouverneurs ; – la désignation obligatoire de membres indépendants parmi les membres du comité d’audit et du comité d’éthique ; – l'établissement de règles de transparence et la fixation de limites pour les rencontres avec les groupes d'intérêts.

Voir le projet de rapport : http://bit.ly/38eDE5H  (Mathieu Bion)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
BRÈVES