Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a rappelé, lors de sa visite à Washington, les 6 et 7 février, l’importance du partenariat transatlantique, mis à mal sous la présidence Trump.
« Un agenda international fondé sur la confiance entre l'UE et les États-Unis est essentiel pour relever avec succès les défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés ensemble. Nous devons toujours nous rappeler que nous sommes assis du même côté de la table lorsqu'il s'agit de la plupart des défis fondamentaux, même si nous ne sommes pas d'accord sur tout », a expliqué le Haut Représentant à l’issue de sa visite, dans un communiqué du Service européen pour l'action extérieure (SEAE).
Selon le SEAE, lors de ses rencontres, notamment avec le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, et la présidente de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, M. Borrell a réaffirmé « le lien transatlantique fort entre les Européens et les Américains, qui est essentiel à la sécurité et à la prospérité de la zone transatlantique et au-delà ». Il a souligné « le désir d'une coopération étroite pour faire progresser les intérêts communs et renforcer l'ordre international fondé sur des règles ».
Si, d'après le SEAE, « dans toutes ses réunions, le Haut Représentant a souligné et a été rassuré sur l'importance de la poursuite d'un dialogue étroit et régulier entre l'UE et les États-Unis aux niveaux appropriés », le communiqué du département d’État américain ne mentionne pas l'importance de la coopération bilatérale, se contentant de lister les sujets abordés entre MM. Borrell et Pompeo.
Les sujets de désaccord sont nombreux. Le Haut Représentant, qui a critiqué le ‘plan de paix’ américain pour le Proche-Orient (EUROPE 12418/14), a néanmoins offert à M. Pompeo le soutien de l’UE à tous les efforts ayant pour objectif de revitaliser le processus politique et des négociations en ligne avec le droit international « qui assurent l’égalité des droits et soient acceptables pour les deux parties ». M. Borrell s’est également entretenu avec le conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, Robert O'Brien, et le conseiller spécial du président Trump, Jared Kushner, à l’origine de ce plan.
Il a aussi rappelé l’engagement entier de l’UE à préserver l’accord sur le nucléaire iranien, mal en point depuis sa dénonciation par les États-Unis.
MM. Pompeo et Borrell ont également discuté de la situation en Ukraine, de l’Afrique, du Venezuela, du Moyen-Orient, de la Libye ou encore des Balkans occidentaux.
M. Sondland quitte Bruxelles
Par ailleurs, le président américain Donald Trump a renvoyé, le 7 février, l’ambassadeur américain auprès de l’UE, Gordon Sondland.
« J'ai été informé que le Président a l'intention de me rappeler immédiatement en tant qu'ambassadeur des États-Unis auprès de l'UE », a annoncé M. Sondland dans un communiqué.
En attendant la confirmation d’un nouvel ambassadeur, le numéro 2 de la mission, Mark Libby, tiendra le rôle de chargé d’affaires, a confirmé la mission à EUROPE. (Camille-Cerise Gessant)