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Bulletin Quotidien Europe N° 12359
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ACTION EXTÉRIEURE / Venezuela

Union européenne et acteurs internationaux s'entendent pour renforcer l'aide aux réfugiés vénézuéliens

De nombreux acteurs européens et internationaux se sont entendus pour renforcer leur soutien aux Vénézuéliens déplacés ainsi qu'aux pays limitrophes d'accueil et pour tenter ainsi de pallier la crise humanitaire et politique qui ébranle l'Amérique latine, lors d'une conférence de solidarité sur la crise des réfugiés et migrants vénézuéliens qui s'est tenue lundi 28 et mardi 29 octobre à Bruxelles.

Cette rencontre, présidée par la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, le directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations, António Vitorino, et le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi, a rassemblé 120 délégations. Institutions européennes et États membres, pays d'Amérique latine et des Caraïbes, acteurs du secteur privé et de la société civile, institutions financières internationales, ONG et agences des Nations Unies y étaient représentés.

C'était la première fois, depuis le début de la crise vénézuélienne en 2016, que la communauté internationale se rassemblait en dehors du continent américain afin de venir en aide aux Vénézuéliens et aux pays voisins affectés par la crise. 4,5 millions de personnes ont déjà fui le Venezuela, dont 1,5 million ont trouvé refuge en Colombie, plus de 800 000 au Pérou et plus de 300 000 en Équateur.

Dans un communiqué commun, Federica Mogherini, António Vitorino et Filippo Grandi ont souligné que l'objectif de cette conférence était d'abord de « sensibiliser plus largement à la crise des réfugiés et migrants vénézuéliens et à l'effort fourni par les pays et communautés qui les accueillent ». De son côté, la Haute Représentante de l'UE a affirmé vouloir continuer de faire de cette crise « une priorité dans l'agenda international ».

120 millions d'euros de dons. L'événement n'avait pas pour but principal de lever des fonds. Il a toutefois permis de mobiliser 120 millions d'euros d'aide supplémentaire afin de soutenir financièrement les autorités nationales des pays d'accueil des réfugiés.

Cette somme « vient s'ajouter aux 30 millions d'euros que les institutions mobilisent déjà ces jours-ci », a souligné Mme Mogherini devant la presse. Elle a également rappelé que les institutions européennes et les États membres ont déjà levé 320 millions d'euros depuis 2016 et sont prêts à faire plus.

 Sur l'enveloppe totale, 15 millions d'euros ont été annoncés par l'Espagne (sur 3 ans), 5,5 millions par l'Allemagne, 2,5 millions par l'Italie et 1 million par l'Irlande. Le Royaume-Uni a réaffirmé une aide de 30 millions de livres sterling déjà annoncée. Les États-Unis ont annoncé une aide additionnelle de 10 millions de dollars.

« Nous ressentons un sentiment d'urgence. Plus tôt nous mobiliserons des ressources, plus efficace sera notre aide aux pays qui accueillent des réfugiés », a dit la Haute Représentante.

Solution politique. Mme Mogherini a par ailleurs insisté sur l'importance de trouver une solution politique à la crise. « Il faut s'intéresser aux racines du problème », a également déclaré Filippo Grandi.

Même son de cloche du côté américain. La crise vénézuélienne est « la seule crise au monde qui ne résulte pas d'une guerre », a déclaré à quelques journalistes, en marge de la conférence, Carrie Filipetti, chargée du Venezuela et de Cuba au sein du Département d'État américain. Selon elle, la conférence de Bruxelles a aussi permis de réaffirmer la nécessité d'une solution politique globale. Cela passe, d'après Washington, par le soutien au président autoproclamé, Juan Guaído, en vue de la tenue de nouvelles élections présidentielles.

« Mais toutes les options restent sur la table », a souligné Mme Filipetti, reprenant à son compte la ligne politique américaine qui, contrairement à la position européenne, n'exclut pas d'emblée toute intervention militaire visant à faire tomber le régime 'Maduro'.

Asile. Les trois coprésidents de la Conférence de Bruxelles ont également souligné qu'il était primordial de maintenir l'accès au droit d'asile, de renforcer les mécanismes d'identification des personnes nécessitant une protection internationale, de conserver des conditions d'entrée souples dans les différents pays, de continuer de régulariser et de fournir des titres de séjour aux réfugiés et migrants vénézuéliens, ainsi que de faciliter le regroupement familial.

Alors que les Vénézuéliens sont désormais la troisième plus grande catégorie de population à demander l'asile dans l'UE, les autorités américaines n'ont pas été en mesure de fournir des chiffres sur le nombre de demandes d'asile formulées auprès des autorités nationales. « Nous nous assurons que les personnes en quête d'une protection reçoivent cette protection dans les pays qui les accueillent », a indiqué Carol T. O'Connell, chargée des questions d'asile et de migration au Département d'État américain.

Federica Mogherini a annoncé la création d'un 'Groupe des Amis du Processus de Quito' ('Quito Process'), initiative multilatérale de pays d'Amérique latine visant à harmoniser leurs politiques d'accueil des réfugiés vénézuéliens. Ce groupe se réunira dans les mois à venir, sous la présidence de l'Union européenne. Une nouvelle réunion du Processus de Quito aura lieu, quant à elle, dans quelques semaines, à Bogotá.

D'ici à décembre 2020, le nombre de déplacés vénézuéliens pourrait atteindre 6,5 millions. (Agathe Cherki, stage avec Mathieu Bion)

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