Le vice-directeur général de la DG Marché intérieur, Industrie et Entreprises (DG GROW) de la Commission européenne, Pierre Delsaux, a fait part, jeudi 26 septembre, des priorités de la Commission européenne pour ce qui concerne les aspects de défense et de sécurité de la politique européenne de l’espace, qui nécessiteront les budgets appropriés.
Ainsi, devant les députés de la sous-commission ‘Sécurité et Défense’ du PE, M. Delsaux a expliqué que la Commission voulait développer un système d’observation des frontières. « Si on obtient le budget, on voudrait un système Copernicus de surveillance des frontières, notamment maritimes», a-t-il indiqué, tout en précisant que le défi à surmonter était de trouver un moyen pour diffuser les informations de manière protégée, car le système Copernicus est ouvert.
La Commission souhaite aussi développer le ‘GOVSATCOM’, la communication gouvernementale pour les services de sécurité par satellite. L’objectif est de pallier une absence de possibilité de communiquer entre services au sol dans le cas de certains événements, comme ce fut le cas lors des attaques de Bruxelles. « Un certain nombre d’États membres possèdent déjà cette capacité. L’idée est de faire de la mise en commun et du partage de cette capacité, de peut-être acheter des capacités disponibles dans des secteurs privés et de les distribuer à tous les États membres », a détaillé M. Delsaux.
Le représentant de la Commission a mis en avant le programme SST ‘Space surveillance and tracking’ afin de savoir où se situent les débris et les satellites dans l’espace. « Seuls quelques États membres ont la connaissance pour observer (France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie et Espagne), mais, à l’heure actuelle, on dépend des USA » et de leur bon vouloir « pour savoir ce qu’il se passe », a révélé M. Delsaux. « Ce que l’on veut faire, c’est utiliser les ressources qui existent dans les États membres, avoir des financements pour augmenter ces ressources et mettre ensemble les informations et les communiquer à tout le monde », a-t-il détaillé. Mais le projet fait face à la réticence de certains États membres, car, qui dit observer les débris dans le ciel, dit aussi observer leurs satellites militaires et leurs mouvements. « Il y a une tension entre le fait de savoir où sont les débris et les intérêts militaires à protéger. Nous pensons qu’il s’agit d’un sujet sur lequel il faut travailler et nous allons continuer à le faire », a-t-il ajouté.
Autre sujet d’importance : la gestion du trafic des satellites, alors que les orbites sont limitées et déjà extrêmement encombrées. Si des travaux en cours sur l’accès à l’espace progressent aux Nations Unies, les États-Unis ont décidé de commencer à travailler sur une réglementation de leur côté. Pour M. Delsaux, la question qui se pose est 'faut-il laisser Washington décider ou bien établir un dialogue pour mettre en place des règles communes, tout en continuant les discussions à l’ONU?' Là aussi, la question des satellites militaires pose problème. (Camille-Cerise Gessant)