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Bulletin Quotidien Europe N° 12313
SOMMET DU G7 / Iran

Les dirigeants américain et iranien pourraient se rencontrer dans les prochaines semaines

Le président français, Emmanuel Macron, qui préside aussi le G7, a annoncé, lundi 26 août, à la fin du sommet des dirigeants de ce groupe de pays, qu’un sommet entre le président américain, Donald Trump, et le président iranien, Hassan Rohani, était possible, espérant qu’une telle rencontre puisse avoir lieu dans les « prochaines semaines ».

« Si M. Rohani accepte une rencontre avec M. Trump, ma conviction est qu’un accord peut être trouvé », a expliqué M. Macron devant la presse, aux côtés de M. Trump. Plus tôt dans la journée, le président iranien s’était dit prêt à rencontrer tout dirigeant politique, si c'était dans l’intérêt de son pays, selon M. Macron. De son côté, M. Trump a donné son accord pour une telle rencontre, à laquelle pourraient être associés les dirigeants de l’E3+2 (Allemagne, France, Royaume-Uni, Chine et Russie), estimant qu’ils pourraient être utiles autour de la table et aider à trouver un accord.

En résumé, MM. Trump et Rohani sont prêts pour une « rencontre utile dans le bon format et au bon moment », a précisé M. Macron. Selon lui, les conditions nécessaires pour la rencontre sont « un engagement sécuritaire d’un côté et un financement de l’autre ». Il a d’ailleurs mis en avant la possibilité d’une compensation économique à l'Iran. De son côté, M. Trump a précisé qu’il pourrait s’agir de lignes de crédit garanties par le pétrole.

Sans vouloir donner trop de détails sur les éléments d’un futur accord, le président français a rappelé que son homologue américain souhaitait un accord sur un temps plus long - certains éléments du plan d'action conjoint (JCPOA) prennent fin en 2025 – et que davantage de sites puissent être surveillés, « un accord plus ambitieux en termes de sûreté ».

« Nous partageons pleinement deux objectifs : faire en sorte que l’Iran ne puisse jamais se doter de l’arme nucléaire et favoriser la paix et la stabilité dans la région », rappelle la déclaration commune publiée à l’issue du G7, la difficulté portant sur les moyens d’atteindre ces objectifs.

Alors que les États-Unis jouent le jeu de la pression maximale pour pousser les Iraniens à négocier un accord global, les Européens souhaitent le maintien de l’accord sur le nucléaire iranien, signé à Vienne en 2015 (EUROPE 11359/6), mal en point depuis qu'il a été dénoncé unilatéralement par les États-Unis (EUROPE 12309/18) et que les Iraniens ont cessé de respecter, en juillet, leurs engagements encadrant leur programme nucléaire (12288/18) ; ils discutent en parallèle avec l’Iran sur son rôle régional. « Le JCPOA est un mauvais accord qui n’aurait jamais dû être conclu », a d'ailleurs dénoncé une nouvelle fois M. Trump devant la presse, regrettant notamment qu’il s’agît d’un accord à court terme.

Quelques minutes plus tôt, devant la presse, la chancelière allemande, Angela Merkel, avait salué les progrès dans la question iranienne. « C’est un grand pas en avant. Il y a maintenant une atmosphère qui permet des discussions », tout cela « en coordination avec les États-Unis, et c’est déjà beaucoup », a-t-elle expliqué.

Message à l’Iran

La veille, le président français avait confirmé à la presse qu’il allait adresser un « message » à l’Iran. « Il n’y a pas de mandat formel donné dans le cadre du G7, ça n’existe pas », avait-il cependant affirmé, expliquant que le G7 est un « club informel ». Il avait poursuivi en disant : « nous allons continuer à agir les uns et les autres, chacun dans son rôle, quand je parle, je parle au nom de la France ».

Invitation surprise du ministre iranien des Affaires étrangères

La journée du dimanche 25 août avait été marquée par la venue du ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, à Biarritz. La décision aurait été prise à la suite du dîner du 24 août et d’une longue discussion entre M. Macron et M. Trump lors d’un déjeuner improvisé à l’arrivée du Président américain, qui aurait duré près de deux heures.

M. Zarif n’a pas rencontré le Président américain ni le corps diplomatique américain. Interrogé sur le sujet, M. Trump a estimé qu’il aurait été « un peu trop tôt pour une rencontre ». Le ministre des Affaires étrangères iranien a, en revanche, rencontré les délégations britannique et allemande et, naturellement, la délégation française, en s’entretenant notamment avec le président français, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et celui de l’Économie, Bruno Le Maire.

M. Zarif était arrivé vendredi 23 août en France, où il s’était entretenu une première fois avec le président français en lançant par après un appel sur son compte Twitter en faveur de la préservation du multilatéralisme, en référence à l’accord de Vienne.

Réintégration russe et rôle du G7

La question de la réintégration de la Russie au sein du groupe du G7 a ressurgi avec force lors du dîner du 24 août. Les pays européens sont plus ou moins d'accord pour ne pas inviter la Russie, en raison notamment de l’annexion de la Crimée. L’Italie a toutefois une certaine réserve sur ce point, tandis que le Japon et le Canada restent plutôt neutres, nous dit-on. Cependant, M. Trump a fait valoir qu’aborder la question iranienne ou syrienne sans la présence de la Russie n'avait pas de sens.

L’Américain n’aurait pas la même définition que ses homologues sur le G7, nous explique une source. Ces derniers conçoivent le G7 avant tout comme un « club de démocraties », alors que le président américain considère ce groupe plus ouvert, un groupe au sein duquel les États seraient invités en fonction des sujets internationaux.

À l’issue du sommet, M. Macron a précisé que, faute d’un consensus, la Russie ne serait pas réintégrée au G8, mais que le pays hôte pouvait inviter un pays s’il le souhaitait, laissant ouverte la possibilité de la présence russe lors du prochain G7, à Miami, aux États-Unis, en 2020.

Pour voir la déclaration : http://bit.ly/2U44jfk (Pascal Hansens avec Camille-Cerise Gessant)

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