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Bulletin Quotidien Europe N° 12267
INSTITUTIONNEL / Parlement

Les tractations sur la constitution des groupes politiques du Parlement européen s'intensifient

Les pourparlers s'intensifient au sein des groupes politiques du Parlement européen, d'ici à la session plénière constitutive du 2 juillet, pour attirer de nouveaux membres, désigner les futurs responsables et fixer les priorités stratégiques.

Tant que le Brexit n'est pas effectif, chaque groupe politique est constitué d'au moins 25 eurodéputés provenant d'au moins sept États membres. Depuis l'adoption, fin janvier, du rapport 'Corbett', qui modifie le règlement intérieur du Parlement (EUROPE 12184/7), tous les députés d'un groupe doivent déclarer, par écrit, dans une annexe à la déclaration de constitution du groupe, qu’ils partagent les mêmes affinités politiques (règle 32).

Tour d'horizon de la constitution des groupes politiques.

PPE. Arrivé en tête des élections européennes, le groupe chrétien-démocrate (PPE) est appelé, mercredi 5 juin, à réélire son équipe dirigeante, entre présidence du groupe et vice-présidents. Le délai officiel des dépôts des candidatures est ouvert jusqu'à ce mardi 4 juin, en matinée.

Le président actuel, l'Allemand Manfred Weber, devrait être reconduit à titre provisoire, le temps de poursuivre et éventuellement concrétiser les tractations entre familles politiques européennes pour accéder à la tête de la Commission européenne (EUROPE 12265/2). Lundi 3 juin, plusieurs sources internes au groupe s'attendaient à ce que les vice-présidents actuels restent en place et soient réélus.

Devront néanmoins être remplacés les eurodéputés non réélus, comme l'Italienne Lara Comi ou ceux, comme la Française Françoise Grossetête et le Polonais Tadeusz Zwiefka, qui ne se sont pas représentés. Les équilibres géographiques devraient être respectés, un(e) vice-président (e) français(e) sortant(e) devant ainsi être remplacé(e) par un(e) autre élu(e) français(e).

La constitution définitive du groupe PPE au PE, avec une éventuelle nouvelle présidence et une nouvelle vice-présidence, se fera à un stade ultérieur. La succession éventuelle de Manfred Weber, si celui-ci devait partir pour la Commission, pourrait être briguée par l’Espagnol Esteban González Pons. 

S&D. Chez les sociaux-démocrates, le bureau sortant et les chefs des délégations nationales entameront, mardi 4 juin, les discussions sur la procédure de sélection du président du groupe et du nouveau bureau en vue de l'élection du premier, mardi 18 juin, et du second, le lendemain.

À ce stade, rien ne filtre sur les ambitions de certains députés. La semaine dernière, le président actuel du groupe S&D, l'Allemand Udo Bullmann, a dit que son aventure, entamée il y a deux ans, à la tête du deuxième groupe politique le plus important du PE n'était pas terminée.

Mais les sociaux-démocrates allemands n'ont gagné que 16 sièges, alors que le PSOE espagnol et le PD italien ont décroché respectivement 20 et 19 sièges. Ces bons scores pourraient attiser leur convoitise, même si, du côté italien, le groupe a été dirigé par Gianni Pittella de juillet 2014 à mars 2018.

ADLE&R. Les élus libéraux se réunissent mardi 4 et mercredi 5 juin, afin de discuter de la charte du groupe, de la future grande coalition et de leur nouveau nom.

Le groupe, actuellement appelé ADLE, va changer de nom, à la fois pour contenter les Français de La République en Marche!, mais aussi pour en finir avec la confusion avec le parti européen ALDE (EUROPE 12247/6). Le nouveau nom devrait être entériné dès mercredi.

La semaine prochaine, les libéraux se réuniront mardi 11 et mercredi 12 juin. Cette dernière date est la date limite pour le dépôt des candidatures au poste de présidents du groupe. Selon plusieurs sources, la Néerlandaise Sophie in't Veld, du parti Democraten 66, et le Suédois Fredrick Federley, du Centerpartiet, se sont déjà officiellement annoncés.

La Française Nathalie Loiseau, tête de liste de Renaissance, composée notamment de La République en marche!, l'Allemande Nicola Beer, tête de liste du Freie Demokratische Partei et membre de la 'team Europe' du parti ALDE pour les élections européennes (EUROPE 12219/3), seraient aussi en lice (EUROPE 12265/23).

Mardi 18 juin, les membres du groupe éliront leur président, à bulletin secret. À cette occasion, le groupe devrait aussi être formé. Selon une source, il devrait se composer d’environ 107 membres, mais des tractations sont encore en cours pour sa formation définitive.  

Verts/ALE. Du côté de la famille écologiste européenne, l’élection du bureau du groupe Verts/ALE aura lieu mercredi 12 juin. Les coprésidents du groupe sortants, l’Allemande Ska Keller et le Belge Philippe Lamberts, devraient à priori être reconduits dans leurs fonctions sans difficulté.

Les candidatures pour les différents postes au sein du bureau du groupe politique seront ouvertes mercredi 5 juin.

En termes quantitatifs, d'après les projections du PE basées sur les groupes existants lors de la législature 2014-2019, le groupe Verts/ALE comprendra 69 élus. D’après nos informations, il sera plus grand: 73 eurodéputés au moins devraient en effet rejoindre le groupe Verts/ALE, et des négociations sont en cours pour rassembler encore davantage de parlementaires.

CRE. Crédités actuellement de 63 députés, les conservateurs se réuniront mercredi 5 juin, puis à nouveau deux semaines plus tard pour élire leurs représentants au sein du groupe CRE.

Le Tchèque Jan Zahradil, candidat tête de liste du parti européen ACRE aux élections européennes, pourrait ne pas briguer le renouvellement de son nouveau mandat, selon une source européenne.

Pour la présidence, il faudrait plutôt regarder du côté du parti polonais PiS au pouvoir, qui enverra 26 députés à Strasbourg.

Des discussions sont en cours pour accueillir de nouveaux membres qui pourraient être le parti espagnol Vox (voir plus bas).

ENL-EAPN. Du côté de l'extrême droite, les tractations se poursuivent cette semaine pour la formation d’un nouveau groupe Alliance européenne des peuples et des Nations (EAPN), annoncé le 8 avril par le chef de la Lega, Matteo Salvini (EUROPE 12231/7). Les souverainistes, conservateurs et eurosceptiques évaluent encore leurs options.

Fin mai, la présidente du Rassemblement National (RN), la Française Marine Le Pen, avait fait état de pourparlers en vue de la constitution d'un « super-groupe » réunissant au moins 77 députés européens (EUROPE 12265/5).

Des discussions ont notamment eu lieu avec le Brexit Party de Nigel Farage (ELDD), qui dispose de 29 sièges. Celui-ci a en outre rencontré Marco Zanni, de la Lega, et Tomio Okamura, le chef du SPD tchèque, la semaine dernière.

Lundi 3 juin, une source du groupe actuel Europe des Nations et des Libertés (ENL) a confirmé que ses 58 membres y participeront, à savoir le RN, la Lega, le FPÖ autrichien, le Vlaams Belang flamand, le SPD tchèque, le PVV néerlandais. Avec l’AfD allemande (11 sièges - ELDD), les Vrais Finlandais (2 sièges - CRE), le Parti du peuple danois (1 siège - CRE) et le parti estonien EKRE (1 siège), le groupe monte à 73 sièges.

Le parti espagnol Vox (3 sièges) a en revanche indiqué, samedi 1er juin, qu’il ne rejoindrait pas le groupe d'extrême droite, a rapporté le journal El Pais, une adhésion au groupe CRE étant évoquée. Le parti hongrois Fidesz de Viktor Orbán ne devrait pas non plus rejoindre l'EAPN.

GUE/NGL. Les négociations au sein de la gauche radicale s’annoncent ardues, alors que le groupe GUE/NGL a enregistré une chute importante du nombre de ses eurodéputés (diminution de 52 à 38 députés).

Le successeur à l’Allemande Gabi Zimmer a peu de chances d’être de nouveau allemand, de l’avis de plusieurs sources, le parti Die Linke ayant enregistré un score historiquement bas (5 élus).

Le poste pourrait être occupé par un Français ou un Grec, les deux délégations nationales ayant remporté chacune 6 eurodéputés. Problème: la délégation française, exclusivement constituée de membres de La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, est hostile à la coalition grecque Syriza d'Alexis Tsipras, en raison notamment de sa gestion de la crise grecque.

Mais la structure confédérale du groupe, qui avait fait l’objet d’un débat interne fin 2018 (EUROPE 12132/14), devrait toutefois permettre de pacifier la cohabitation entre les deux délégations.

La délégation espagnole est également bien dotée, avec 6 députés, mais elle a perdu 4 sièges par rapport au mandat actuel.

Les tendances devront se préciser lors des réunions du groupe qui se tiendront mardi 4 et mercredi 5 juin. La date butoir pour la nomination des députés aux différents postes et l'élection du prochain président a été fixée au 27 juin.

Le nom du groupe pourrait par ailleurs faire l’objet de tractations, certains espérant avoir un nom plus lisible que l'actuel. L'idée de créer le ‘Groupe de gauche’ ('the Left Group') avait germé un temps. Mais elle avait provoqué une levée de boucliers parmi les partis scandinaves, réunis sous la bannière 'Gauche verte nordique' ('Nordic Green Left') qui tiennent à marquer leur différence. (La rédaction)

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