Le candidat tête de liste du Parti populaire européen (PPE), l’Allemand Manfred Weber, a lancé officiellement sa campagne pour les élections européennes de mai, mardi 23 avril à Athènes, dans l'espoir de succéder, en cas de victoire, à Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne.
Aux côtés du leader du parti chrétien-démocrate Nouvelle Démocratie, Kyriakos Mitsotakis, le Bavarois a dévoilé 12 propositions phares de son programme axé sur trois grandes priorités – une Europe sûre, intelligente et bienveillante – comme il l’avait annoncé début avril à Bruxelles (EUROPE 12229/27).
Parmi ces propositions figure notamment un calendrier plus ambitieux pour les futurs effectifs de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (ex-Frontex). Selon M. Weber, l'agence devra disposer de 10 000 agents dès 2022 alors que les règles européennes fixent l'échéance à 2027 (EUROPE 12238/10). L'Agence aura aussi un droit direct d'intervention aux frontières extérieures de l'UE.
Le Spitzenkandidat du PPE veut aussi un ‘FBI’ européen, en doublant le personnel de l’agence européenne de coopération policière (Europol). Il veut par ailleurs stopper toute discussion relative à l’adhésion de la Turquie à l’UE.
Concernant l’Europe ‘intelligente’, M. Weber souhaite un vaste plan contre le cancer et le développement de maisons intelligentes pour les aînés. Il souhaite encore abroger 1 000 réglementations européennes qu’il juge dépassées et inutiles. En outre, 5 millions de nouveaux emplois devront être créés pour les jeunes.
Le candidat du PPE aspire encore à ce que la Banque européenne d’investissement soutienne des emprunts de jeunes familles pour accéder à la propriété immobilière, afin de leur éviter des loyers excessifs. Dans le domaine environnemental, il veut encore poursuivre la stratégie de bannissement total du plastique à usage unique et poursuivre les efforts de lutte contre le réchauffement climatique.
Après un débat à Maastricht le 29 avril, l’Allemand débattra notamment avec son concurrent du Parti socialiste européen, le Néerlandais Frans Timmermans, mais aussi le Belge Guy Verhofstadt, candidat pour le parti ALDE, et l'Allemande Ska Keller pour les Verts européens, le 2 mai à l’Université européenne de Florence. (Solenn Paulic)