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Bulletin Quotidien Europe N° 12240
POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

L'évolution du marché du sucre inquiète plusieurs ministres de l’UE

Lors du Conseil qui a réuni les ministres de l'Agriculture des États membres de l'UE, le 15 avril à Luxembourg, plusieurs délégations, dont l’Espagne, la Slovaquie, l’Italie, la Croatie, l’Autriche et la République tchèque, ont exprimé leurs préoccupations concernant l’évolution du marché du sucre (voir autre nouvelle). 

De son côté, l'Allemagne s’est prononcée contre l’activation de mesures de marché au bénéfice du secteur européen du sucre. 

Le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, a fait le point devant les ministres sur l’évolution de plusieurs marchés agricoles. Le secteur du sucre est le plus inquiétant : « Il y a peu de signes de reprise du marché européen », a souligné Phil Hogan. Les prix du sucre dans l’UE ont baissé, principalement en raison de l’augmentation de la production ainsi que de la baisse des prix mondiaux. Le groupe à haut niveau sur le sucre, lancé fin janvier dernier, va étudier les moyens les plus appropriés pour réagir, a indiqué le commissaire. 

Concernant le marché de la viande porcine, Phil Hogan a affiché son optimisme avec des prix du porc qui augmentent semaine après semaine. 

La situation du marché du lait est, elle aussi, jugée globalement équilibrée, malgré des risques dans le contexte du différend commercial avec les États-Unis. 

Au sujet du secteur des fruits et légumes, la Commission est consciente de la situation difficile des producteurs d’agrumes, en particulier en Espagne. En ce qui concerne les pommes et les poires, la situation pose problème, notamment en Pologne (pommes) et en Belgique (poires). Toutefois, des améliorations sont attendues à plus ou moins court terme. 

Si la situation de l’huile d’olive est globalement stable au niveau de l’UE par rapport à l’année dernière, elle varie énormément d’un État membre à l’autre : en Espagne, la production atteint des niveaux exceptionnellement élevés et les prix ont donc baissé depuis le début de la récolte, alors qu’en Italie, c’est l’inverse, avec une baisse significative de la production (en raison de conditions climatiques défavorables et d’attaques de parasites) et des niveaux de prix historiquement élevés. Là encore, les services de la Commission resteront vigilants, promet le commissaire. 

Brexit. Si la situation du secteur de la viande bovine est considérée comme stable, cela pourrait changer radicalement selon les modalités de sortie du Royaume-Uni de l'UE (Brexit). Le ministre irlandais, Michael Creed, a réclamé des mesures exceptionnelles pour fournir une aide ciblée aux producteurs. La délégation polonaise a également évoqué les implications du Brexit en ce qui concerne la volaille, la viande porcine et la viande bovine, en demandant, elle aussi, la possibilité de recourir à des mesures exceptionnelles. Les Pays-Bas ont dit s’inquiéter pour leurs exportations de volailles vers le Royaume-Uni. La Commission se dit prête à réagir à toute déstabilisation des marchés, en utilisant les outils disponibles dans le cadre de la politique agricole commune (PAC). 

Volailles ukrainiennes. Enfin, le commissaire a confirmé la prochaine augmentation du contingent d’importation de viande de volaille en provenance d’Ukraine, qui sera porté de 17 600 tonnes (t) aujourd’hui à 50 000 t, pour mettre fin à l’arrivée litigieuse d’un morceau de poitrine non recensé dans le cadre de l’accord de libre-échange signé par l’UE avec ce pays. C’est une augmentation « substantielle », a admis Phil Hogan, mais elle « reste inférieure aux importations de 2018 de cette découpe qui avait atteint 55 000 t »(Lionel Changeur)

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