Les plates-formes en ligne commencent-elles enfin à se conformer aux exigences européennes pour lutter contre la désinformation ? La déclaration commune publiée mardi 23 avril par la Commission européenne, pour accompagner le troisième rapport de suivi du code de bonnes pratiques, adopte en tout cas un ton plus accommodant que les précédents.
Cet exercice évalue les progrès enregistrés en mars 2019 par Twitter, Facebook et Google. Globalement, les commissaires européens Andrus Ansip (Marché unique numérique), Julian King (Union de la sécurité), Věra Jourová (Consommateurs et Justice) et Mariya Gabriel (Économie numérique et Société) jugent que des améliorations ont été enregistrées en matière de publicité politique, d'intégrité des services ou encore d'éducation. Ils identifient toutefois certaines lacunes, notamment en matière de transparence de la publicité thématique et de contrôle par des tiers.
Un suivi mensuel
Persuadée que l'approche réglementaire n'était pas idéale, vu le délai de mise en œuvre nécessaire, la Commission européenne a opté au printemps 2018 pour une approche volontaire (EUROPE 12010/5). Les plates-formes ont donc rédigé, avec des représentants des publicitaires, des télévisions commerciales et de la société civile, un code de bonnes pratiques autour des thématiques suivantes : le contrôle et placement publicitaire, la publicité politique, l'intégrité des services, la responsabilisation du consommateur et la responsabilisation de la communauté de recherche (EUROPE 12104/1). Depuis, la Commission évalue chaque mois les progrès dans ces différents domaines, avant d'envisager, au besoin, des initiatives plus contraignantes (EUROPE 12204/2).
Dans sa déclaration accompagnant l'exercice, la Commission se félicite que les trois plates-formes aient commencé à étiqueter des publicités politiques. Les quatre commissaires se disent également « heureux » de constater que la collaboration au titre du code de bonnes pratiques a encouragé Facebook, Google et Twitter à prendre des mesures supplémentaires pour assurer l’intégrité de leurs services et lutter contre les robots malveillants et les faux comptes.
Au rang des bémols, la Commission estime que « des améliorations techniques supplémentaires ainsi que le partage de la méthodologie et des ensembles de données pour les faux comptes sont nécessaires pour permettre à des experts tiers, des vérificateurs de faits et des chercheurs d'effectuer une évaluation indépendante ». Elle regrette aussi que Google et Twitter n'aient pas encore annoncé de progrès supplémentaires en matière de transparence de la publicité thématique. (Sophie Petitjean)