Le président du Conseil européen Donald Tusk a fait savoir, lundi 25 février depuis Charm el-Cheikh en marge du sommet Ligue arabe/UE (voir autre nouvelle), qu’il avait discuté la veille avec Theresa May, la dirigeante britannique, des implications « légales » et pratiques d’une « extension » du délai inscrit à l’article 50 du Traité.
« Dans notre situation », cette idée, qui retarderait temporairement la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, serait « une solution rationnelle », a indiqué M. Tusk devant la presse, même si « Mme May pense qu'elle peut éviter ce scénario ».
Lundi, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s’est également entretenu avec Mme May, leurs discussions ayant abouti à de « bons progrès », selon lui.
Selon la Commission, ces progrès ont notamment porté sur les garanties supplémentaires à apporter concernant le filet de sécurité ('backstop') destiné à éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, ainsi que sur la déclaration politique sur les futures relations UE/Royaume-Uni post-Brexit.
Mme May et M. Juncker se sont aussi mis d’accord pour trouver une solution « avant le 21 mars », date du prochain sommet européen où les leaders européens seraient invités, en cas de ratification par le Parlement britannique des modalités du Brexit, à donner une sorte de feu vert politique final aux éventuels ajouts au projet d'accord sur le retrait britannique.
Depuis l'Égypte, la dirigeante britannique avait indiqué qu’elle n’organiserait pas de nouveau vote décisif du Parlement britannique sur l'accord de sortie avant le 12 mars, douchant ainsi les espoirs déjà minces qu'un vote aura lieu mercredi 27 février.
Le Parlement sera seulement invité à apporter mercredi de nouveaux amendements. Certains de ces amendements devraient notamment demander au gouvernement britannique de prévoir un délai suffisant pour demander une extension du délai de l’article 50 en cas d’absence d’accord avec l’UE à la mi-mars.
Mais la dirigeante britannique a réitéré le 25 février que son projet était toujours de réaliser le Brexit le 29 mars.
La Commission a en tout cas qualifié de « pures spéculations » des informations du quotidien britannique The Guardian selon lesquelles l’UE serait prête à accorder au pays une extension de deux ans des négociations sur le Brexit, le pays restant ainsi membre de plein droit de l’UE jusqu’en 2021.
« Ce serait énorme », a dit une source sceptique.
Une nouvelle rencontre est prévue entre le négociateur de l’UE sur le Brexit, Michel Barnier (ou ses adjoints, comme Sabine Weyand) et des membres de l’équipe de négociation britannique, mardi 26 février. Ces échanges s’inscrivent dans la reprise des discussions actées le 7 février par Theresa May et Jean-Claude Juncker. (Solenn Paulic)