La résilience des banques européennes s’est encore améliorée en 2018, mais les risques opérationnels, y compris de blanchiment d'argent, ont aussi augmenté, constate l’Autorité bancaire européenne (ABE), dans son rapport annuel sur les risques dans le secteur bancaire européen, publié vendredi 14 décembre.
Le secteur bancaire a continué à bénéficier des évolutions macroéconomiques positives dans la plupart des pays européens, souligne l’ABE. Depuis juin 2017, les ratios transitoires des fonds propres (CET1) ont légèrement augmenté, passant de 14,3 % à 14,5 %, et le ratio moyen de prêts non performants (‘non performing loans’ ou NPL) a poursuivi sa tendance à la baisse, passant de 4,4 % en juin 2017 à 3,6 % en juin 2018.
Néanmoins, le rapport constate une montée des risques opérationnels dans les banques de l’UE au cours de l’année écoulée. Les cyberattaques constituent l'une des principales menaces qui pèsent sur le secteur bancaire de l'UE, selon le rapport.
Les risques légaux, notamment la violation des règles européennes de lutte contre le blanchiment d’argent, sont en pleine expansion (EUROPE 12102). L’inefficacité des contrôles internes, la faiblesse de la gouvernance, la complexité des processus ou encore le goût du risque sont autant de facteurs déterminants, selon l’ABE.
« Plusieurs cas de défaillances apparentes des banques en matière de lutte contre le blanchiment d'argent indiquent que les risques liés au comportement des banques en la matière se sont matérialisés dans un certain nombre de juridictions de l'UE, ce qui montre la nécessité d'une surveillance renforcée et cohérente du blanchiment d'argent dans l'UE », note le rapport.
Ces faiblesses opérationnelles pourraient éroder les bénéfices et la confiance des investisseurs, et même menacer la résistance des fonds propres des banques, met en garde l’ABE.
Brexit. La sortie future du Royaume-Uni de l'UE reste identifiée comme un risque géopolitique majeur pour les banques européennes (EUROPE 12048). Celles-ci devraient se préparer à un résultat défavorable des négociations sur le Brexit, estime l’ABE, qui précise néanmoins que le rapport a été rédigé avant que l’accord de retrait ne soit conclu.
Selon elle, les institutions financières ne devraient pas compter sur les solutions du secteur public et les autorités compétentes devraient continuer à surveiller et à assurer le suivi des plans d'urgence des institutions financières. (Marion Fontana)