La ministre autrichienne des Affaires étrangères, Karin Kneissl, dont le pays assure actuellement la Présidence du Conseil de l’UE, n’a pas exclu, mardi 27 novembre, l’adoption de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie en raison des tensions en mer d’Azov. Toutefois, à l'issue de la réunion des ambassadeurs du Comité politique et de sécurité (Cops), aucun consensus ne s'est dégagé en ce sens.
« Sur la question de sanctions supplémentaires, cela reste à déterminer. Nous aurons bientôt un Conseil commun en décembre », a-t-elle expliqué à l’issue d’une rencontre avec son homologue allemand, à Berlin, Heiko Mass. Les ministres des Affaires étrangères se retrouveront le 10 décembre pour un Conseil, et les dirigeants européens se réuniront en Conseil européen les 13 et 14 décembre.
« Tout dépendra [...] du comportement des deux belligérants. Mais ça devra être à l'étude », a ajouté la ministre, tout en précisant « qu'actuellement c'est la parole de l'un contre la parole de l'autre ».
Bien que de nouvelles sanctions puissent être envisagées, il n'y avait sur cela pas d’unanimité des États membres après le Cops. Des sanctions ciblées « sont une des options considérées », a confirmé une source diplomatique à EUROPE.
Certains États membres, qui sont habituellement en faveur ou plutôt opposés à des sanctions contre la Russie, auraient maintenu leur position. D’autres États membres – dont ceux participants au format Normandie – estimeraient qu’il est prématuré à ce stade de prendre des mesures. Une source nationale a estimé qu'il ne fallait pas se précipiter, ne pas surréagir, au risque de réalimenter les tensions, mais qu'il fallait voir l'évolution de la situation.
Selon cette source nationale, les Vingt-huit devraient adopter une déclaration commune, qui devrait être proche de la déclaration publiée le 26 par huit États membres de l'UE, actuels et anciens membres du Conseil de sécurité de l'ONU (Belgique, France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Pologne, Suède et Royaume-Uni). Les Vingt-huit devraient donc appeler à la désescalade, à la libération des navires et des marins ukrainiens et à la liberté de circulation en mer d'Azov. Les Européens devraient aussi souligner qu'ils vont suivre de près la situation.
De son côté, la porte-parole du SEAE a précisé que les contacts en cours et les échanges de vues portaient notamment sur les prochaines étapes.
Interrogée sur l’introduction de la loi martiale en Ukraine pour 30 jours, la porte-parole s’est montrée confiante. « Nous avons compris [des déclarations] du président ukrainien, Petro Porochenko, que la loi martiale », introduite dans 10 régions du sud et de l’est de l’Ukraine, « ne limiterait pas de manière non nécessaire les droits civiques », a-t-elle expliqué, ajoutant qu’il s’agissait d’un « point important ». Mme Kocijancic a précisé que le SEAE étudierait de près le texte de la loi martiale.
Lors d’une discussion en commission d’association UE/Ukraine le 26 novembre, l’ambassadeur ukrainien auprès de l’UE, Mykola Tochytskyi, a estimé que cette « agression ouverte » contre l’Ukraine était un « signal, non seulement pour l’Ukraine et les Ukrainiens, mais pour tous, si la Russie n’est pas arrêtée ». « Poutine va essayer encore et encore », selon lui. (Camille-Cerise Gessant)