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Bulletin Quotidien Europe N° 12101
INSTITUTIONNEL / Royaume-uni

Les négociations sur le Brexit sont « dans l'impasse », juge Theresa May, au lendemain du sommet de Salzbourg

Après un sommet européen informel à Salzbourg, qualifié de véritable « humiliation » par la presse britannique (EUROPE 12100), la dirigeante britannique Theresa May a répliqué, vendredi 21 septembre, lors d’une intervention télévisée surprise au cours de laquelle elle a demandé aux Vingt-sept du « respect » et déploré le fait que les négociations soient « dans une impasse ». 

Mme May a paru s’en prendre plus directement au président du Conseil européen, Donald Tusk, qui, bien que se disant plus « optimiste » quant à la possibilité d’un accord en octobre, n’a pas expliqué les raisons du rejet européen du Livre blanc de Chequers publié le 12 juillet (EUROPE 12061). 

À l’UE désormais de faire des « contre-propositions », a demandé le Premier ministre britannique. Ce n’est « tout simplement pas acceptable de rejeter les positions de l’autre sans explication décente », a asséné Mme May qui avait rencontré M. Tusk en tête à tête jeudi matin. 

Plus généralement, Mme May a donné le sentiment d’être piégée par l’UE à quelques jours du congrès de sa famille politique. L’UE continue « de nous offrir deux options », dont celle de rester dans l’Espace économique européen et l’Union douanière, a-t-elle dit. Ceci signifierait que le pays devra « se plier à toutes les règles européennes », comme celles sur la migration, a-t-elle rejeté, convaincue qu'une telle conséquence ne respecterait pas le référendum de juin 2016 remporté par les partisans du Brexit

La seconde option, a-t-elle poursuivi, est un accord de libre-échange basique avec des contrôles aux frontières et une Irlande du Nord qui resterait de manière permanente dans l’espace européen et serait séparée du reste du Royaume-Uni avec l'apparition d'une frontière en mer d’Irlande, a-t-elle résumé. 

Le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, a pourtant déjà indiqué que des contrôles pouvaient être faits de manière relativement souple. 

« Cette option, aucun Premier ministre ne pourra l’accepter », a-t-elle réitéré. Dès décembre 2016, Mme May avait accepté le principe d’un filet de sécurité (‘backstop’) et d’un alignement temporaire de l’Irlande du Nord sur les règles européennes afin d'éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, tant qu’une solution pérenne ne serait pas trouvée dans le cadre de la future relation entre l'UE et son pays. 

Mais l'UE rejette la nouvelle relation qu'elle leur propose via le Livre blanc. Or, a redit Mme May vendredi, le plan de Chequers, qui propose une zone commune pour les biens et pas les services, est la seule solution viable, d'après elle. 

Mme May a, en tout cas, redit son souhait qu’un accord soit trouvé avec l’UE, mais « un non-accord est mieux qu’un mauvais accord », a-t-elle insisté. 

M. Barnier, qui pourrait rencontrer son homologue britannique, Dominic Raab, la semaine prochaine, n’avait pas prévu de réagir dans la foulée à l'intervention surprise de Mme May. La Commission a maintenu simplement que sa position n’avait pas changé et qu’elle souhaitait toujours travailler de manière « constructive » avec Londres pour trouver un accord. Toutefois, « sur la substance », l'intervention de Mme May « ne change rien », faisait-on valoir à Bruxelles, vendredi après-midi. (Solenn Paulic)

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