Les conditions de séjour sont convenables dans les zones de transit hongroises, mais des maltraitances physiques ont eu lieu lors de refoulements de migrants en situation irrégulière vers la Serbie, a conclu un rapport que le Comité de prévention contre la torture et les peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) du Conseil de l'Europe a publié mardi 18 septembre.
Ce texte fait suite à la visite d’une délégation du CPT organisée dans les zones de transit de Röszke et Tompa ainsi que dans d’autres établissements à la frontière avec la Serbie. Elle s’est tenue du 20 au 26 octobre 2017 afin d’examiner la façon dont sont traitées les personnes retenues en vertu de la législation relative aux étrangers et a été complétée par des entretiens avec des personnes récemment refoulées vers la Serbie.
Dans les zones de transit proprement dites, si le CPT a pu constater des conditions matérielles « convenables », il déplore cependant une « conception bien trop carcérale » et « un environnement qui ne peut pas être considéré comme adapté à l’hébergement des demandeurs d’asile, encore moins lorsqu’il y a parmi eux des familles et des enfants ».
Si aucun témoignage de maltraitance n’a été relevé dans ces établissements, il n’en va pas de même concernant les opérations d’éloignement vers la Serbie. Coups de pied, coups de poing, coups de matraque sont abondamment évoqués par les personnes rencontrées et ces allégations sont confirmées par des lésions traumatiques récentes constatées par le médecin de la délégation.
Dans leur réponse, les autorités hongroises déclarent que « le rapport contient un grand nombre de constatations contraires aux faits, ce qui rend leur nature plus politique que professionnelle ». Elles soulignent avoir mis en place « un système pour prévenir les mauvais traitements et protéger les policiers contre les fausses allégations ».
Cette argumentation ne convainc pas le CPT, car, précise le rapport, tous les dossiers auxquels la délégation a eu accès étaient incomplets. Les données personnelles et les noms des personnes n’avaient pas été enregistrés. De plus, les photographies ne montraient que les visages alors que les allégations de mauvais traitements sont généralement liées à des coups portés sur d’autres parties du corps.
Selon Mykola Gnatovskyy, président du CPT, « il ressort clairement de cette réponse que les principales préoccupations exprimées dans le rapport restent d’actualité ». Il a annoncé une nouvelle visite en Hongrie avant fin 2018 et a espéré qu’il sera possible de « discuter avec les autorités des problèmes majeurs soulevés dans le rapport, afin d’améliorer la situation des étrangers ». (Véronique Leblanc)