L’agence répressive de l’UE, Europol, a publié, mardi 18 septembre, son évaluation annuelle des menaces actuelles et futures en termes de cybercriminalité. Parmi les tendances dominantes : celle des cyberattaques par « rançongiciels » (‘ransomware’).
Les « rançongiciels » consistent à s’emparer d’informations confidentielles d’entreprises ou de données d’utilisateurs par des logiciels malveillants, afin d’extorquer de l’argent en échange de la récupération de ces données.
Selon Europol, ils sont devenus un outil standard de la cybercriminalité. « En 2017, le nombre de familles de rançongiciels a explosé, leur impact éclipsant considérablement d'autres menaces de logiciels malveillants », souligne le rapport. Les dommages causés par cet outil auraient été multipliés par 15 au cours des deux dernières années.
Selon les prévisions de l’agence, cette tendance à la hausse n’est d’ailleurs pas près de s’arrêter. Europol estime notamment que l’entrée en vigueur, en mai 2018, du règlement général sur la protection des données (RGDP) pourrait entraîner une augmentation de la cyber-extorsion.
La nouvelle législation prévoit en effet un signalement des violations des données personnelles dans les 72 heures, sous peine d’amendes substantielles pouvant atteindre 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires annuel global de l’entreprise. Selon Europol, cela pourrait créer des situations où les entreprises piratées préfèreraient payer une rançon moins élevée que le coût de l’amende imposée par leur autorité nationale compétente.
L’évolution des monnaies virtuelles vers toujours plus d’anonymat devrait par ailleurs constituer un nouveau facteur d’augmentation des rançons par ce biais, avec un rapport ‘risque/récompense’ nettement plus élevé en monnaies virtuelles qu’en euros.
Europol prévoit aussi une potentielle augmentation des logiciels malveillants (‘malware’) mobiles à mesure que les utilisateurs passeront des services bancaires en ligne aux services bancaires mobiles.
Quant à la probabilité d'une autre cyberattaque à grande échelle - telles que 'NotPetya’ et ‘Wannacry' qui ont touché plusieurs pays européens l’année dernière (EUROPE 11818) – cela reste difficile à prédire, selon Europol.
Néanmoins, le rapport précise que si une telle attaque devait se reproduire, elle serait moins motivée par des considérations financières que par des motifs dirigés par des États-nations.
Pour faire face à ces nouveaux défis, Europol recommande une coopération accrue et renforcée entre les services de détection et de répression internationaux, les entreprises du secteur privé, les milieux universitaires et les autres parties prenantes concernées.
Voir le rapport : https://bit.ly/2D5vba8. (Marion Fontana)