La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, et le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, se sont rencontrés, lundi 10 septembre.
Cette première rencontre à Bruxelles du groupe de travail exécutif mis sur pied en juillet dernier lors de la rencontre Trump/Juncker à New York (EUROPE 12071) a principalement permis aux parties de prendre leurs marques et d’arrêter la date d’une nouvelle rencontre en septembre.
Ce groupe a pour objectif d’identifier des mesures à court terme pour faciliter les échanges commerciaux et évaluer les mesures tarifaires existantes. Les deux parties ont délimité aujourd’hui les contours d’un accord commercial limité, confiné aux secteurs industriels hors voitures.
« Nous avons discuté de la manière d’aller de l’avant et d’identifier les priorités des deux côtés et d’atteindre des résultats concrets à court et à moyen terme. Beaucoup de travail reste à faire cet automne, nos services seront en contact étroit dans les prochaines semaines », a indiqué la commissaire.
Dans l'entourage de la commissaire, on insistait lundi sur le fait que ni l'agriculture ni le secteur automobile ne font partie des négociations.
Côté américain, M. Lighthizer a qualifié la rencontre de « constructive ». « Nous espérons une récolte précoce dans le domaine des obstacles techniques au commerce », lit-on sur le site du Département américain du Commerce.
Vendredi 7 septembre, Larry Kudlow, directeur du Conseil économique national américain et l'un des principaux conseillers économiques du président Donald Trump, disait l’administration Trump « très optimiste » sur les discussions UE/États-Unis, sur la chaîne CNBC. « Il y a un certain nombre de transactions sur la liste, des choses comme le soja, comme le GNL, comme le bœuf, peut-être des choses comme des ventes militaires », avait-il précisé.
Les discussions au niveau politique reprendront vite. Mme Malmström rencontrera à nouveau son homologue américain fin septembre, réunion qui sera suivie d’une autre au niveau technique en octobre. Ils devraient se réunir ensuite en novembre afin de clôturer les négociations dans certains domaines.
Les deux parties ont déclaré vouloir sceller un accord dans les 120 jours ; une gageure alors que ces négociations sont loin de faire l’unanimité du côté de l’UE. De nombreux parlementaires européens, entre autres, ont dénoncé la stratégie américaine de mener ses partenaires commerciaux à la table des négociations « un pistolet sur la tempe » (EUROPE 12085).
Jeudi, le chef de l’État français, Emmanuel Macron, avait fait part de sa volonté d'être « extrêmement ferme » sur la question climatique après la controverse suscitée dans le cadre de l'accord CETA avec le Canada. « On ne doit pas avoir des négociations commerciales avec des pays qui ne respectent pas l'accord de Paris... Quand certains disent 'on va repartir vers de grands accords avec les États-Unis d’Amérique’ qui en même temps disent ‘nous on ne respecte pas l'Accord de Paris’. Non, non ! », a-t-il déclaré lors d'une consultation citoyenne sur l'Union européenne.
L’administration Trump poursuit une stratégie agressive dans ses relations commerciales, négociant au forceps de nouvelles dispositions tarifaires dans l’espoir de rééquilibrer la balance commerciale américaine.
Mais la Chine, en particulier, refuse de se plier aux exigences américaines. La guerre tarifaire entre les deux puissances économiques ne semble pas près de se calmer. Fort de son récent succès mexicain, le président américain, Donald Trump, a promis la semaine dernière de sanctionner les importations chinoises de nouveaux tarifs devant avoisiner les 230 milliards d’euros. (Hermine Donceel)