Le président du groupe ADLE au Parlement européen, Guy Verhofstadt, a plaidé, dans une interview publiée dimanche 9 septembre dans le quotidien régional français Ouest France, pour une alliance avec le parti d’Emmanuel Macron ‘La République en marche’.
« Avec Emmanuel Macron, on n’a pas seulement la même analyse, mais plus ou moins les mêmes propositions », a-t-il expliqué, estimant que les élections de 2019 se traduiront en une lutte entre les populistes nationalistes et une alternative pro-européenne. Ainsi, selon lui, « il faut se présenter ensemble » et ensuite faire partie d’un même groupe après les élections.
Interrogé sur ce groupe et sur le fait de savoir s'il serait sous la bannière ADLE, M. Verhosftadt a précisé que les discussions étaient en cours. « Mais ce sera quelque chose de nouveau, un mouvement. Une alternative pro-européenne aux nationalistes. Notre groupe est prêt à y participer dès maintenant, sans attendre », a-t-il prévenu. Chaque parti gardera ses symboles, mais le mouvement créé sera plus large. « L’objectif est de créer un groupe décisif dans le futur parlement, un outil pour arrêter la vague nationaliste », a ainsi précisé le député européen.
Cependant, interrogé le 9 septembre sur cette alliance, le délégué général de 'La République en marche', Christophe Castaner – qui a entamé une tournée européenne à la recherche d’alliés et a rencontré M. Verhofstadt le 4 septembre – a précisé que son parti n’était « pas dans une logique d’alliance ».
Alors que MM. Macron et Verhofstadt soutiennent le principe des listes transnationales, ils étaient jusqu’à présent divisés sur les 'Spitzenkandidaten'. Mais l'eurodéputé – qui fut lui-même 'Spitzenkandidat' en 2014 – semble désormais remettre en cause ce système. « On était très pour et on est devenus très critiques », a-t-il avoué. Avant de se justifier : « On aime les Spitzenkandidaten pour lesquels les gens peuvent voter, mais la justification démocratique, c’était la liste transnationale. Et pour des raisons purement politiciennes, le PPE n’en a pas voulu. Or, en refusant les listes transnationales, ils ont tué le Spitzenkandidat. [...] Cela reste un système où c’est Mme Merkel qui décide qui est le prochain président de la Commission. » (Camille-Cerise Gessant)