Le ministre espagnol de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation, Luis Planas, a demandé, lundi 10 septembre, à la Commission européenne de trouver le plus rapidement possible des « solutions » et des « formules » au sujet de l'entrée en vigueur définitive, le 1er janvier 2019, de la règle sur l'obligation de débarquer toutes les captures (fin de la pratique des rejets en mer).
« Il est très important de trouver des solutions au profit d’une flotte comme celle de l’Espagne, qui a une variété d’activités de pêche et une variété d’intérêts, ceci pour faire en sorte que les pêcheurs puissent continuer à pêcher de manière efficace », a-t-il déclaré à la presse, après une rencontre, à Bruxelles, avec le commissaire à la Pêche, Karmenu Vella.
Le ministre espagnol a dit que la durabilité environnementale et la préservation des stocks devaient aller de pair avec « la durabilité économique et sociale de notre flotte et de nos pêcheurs ». La pleine mise en œuvre de la règle obligeant les pêcheurs à débarquer toutes les captures pose des problèmes pratiques aux professionnels (stockage, débouchés...).
M. Planas a souhaité demander aux services de M. Vella d’intensifier le travail sur la recherche de solutions, tout en faisant fait valoir qu’en plus des « mécanismes de flexibilité » prévus par la Commission il est important de régler le problème des stocks à quotas limitants (quotas peu élevés qui provoquent des arrêts de la pêche).
Brexit. MM. Planas et Vella ont discuté des questions de la pêche dans les négociations entre la Commission et le Royaume-Uni sur le Brexit. « L'Espagne porte un intérêt très important aux captures réalisées dans les zones de pêche du Royaume-Uni et nous avons une présence importante dans les navires sous pavillon britannique qui ont des capitaux espagnols », a-t-il expliqué.
Le ministre a souhaité que la Commission et Londres parviennent à un accord qui conduira à une « période de stabilité » pendant la période de transition - jusqu'à la fin de 2020 - avant de trouver « des solutions ». Il a aussi jugé satisfaisant le fait que l'UE établisse un lien, durant la négociation, entre, d’un côté, l'accès de la flotte communautaire aux eaux britanniques et, de l’autre, l’accès des entreprises britanniques au marché unique de l'UE.
Enfin, Luis Planas a salué « les bons résultats » obtenus par la Commission sur le nouvel accord de pêche UE/Maroc, lequel « respecte pleinement » les arrêts de la Cour de justice de l’UE sur l’accès aux eaux du Sahara occidental (EUROPE 12081). Il espère que le Conseil des ministres de l’UE puis le Parlement européen adopteront rapidement les textes de l’accord, car « les intérêts de notre flotte de pêche » sont en jeu. Il attend le feu vert des députés européens, « important pour la pêche et pour l’ensemble des relations entre l’UE et le Maroc », a-t-il conclu. (Lionel Changeur)