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Bulletin Quotidien Europe N° 12083
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

La planète ne peut s’accommoder d’une politique de petits pas, déclare le ministre français Nicolas Hulot, démissionnaire

En annonçant sa démission surprise, mardi 28 août au matin, sur les ondes de la radio France Inter, le ministre d'État français à la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a, entre autres déceptions, fait valoir que la politique climatique menée n’était pas à la hauteur de l’enjeu et exprimé un sentiment d'être bien seul au gouvernement pour pouvoir agir. Cela, sans vouloir pour autant tirer à boulets rouges sur le gouvernement dont il a claqué la porte. Il a en effet estimé que la responsabilité était « collective et sociétale » et que la France n’était pas la moins active en matière de climat. 

« Est-ce que les petits pas suffisent à endiguer, inverser et même s’adapter, parce que nous avons basculé dans la tragédie climatique ? Eh bien, la réponse est non », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Est-ce que nous avons commencé à réduire les émissions de gaz à effet de serre ? La réponse est non. » 

Selon lui, « au moment où la planète est une étuve, elle mérite qu’on change d’échelle, qu’on change de paradigme. La politique des petits pas ne suffit plus ». 

Invitée le même jour par la presse européenne à réagir à cette déclaration, la Commission européenne a indiqué se refuser à tout « commentaire sur la démission » du ministre « et sur l'Accord de Paris ». 

« Si vous avez des questions sur notre politique sur le changement climatique, nous pouvons vous rappeler nos nombreuses actions », a déclaré une porte-parole de l'institution. La Commission considère-t-elle l’action de l’UE assez ambitieuse et cohérente ? « Nous défendons corps et âme l’Accord de Paris », a-t-elle alors assuré. 

Au nom du commissaire européen à l'Action pour le climat et l'Énergie, Miguel Arias Cañete, sa porte- parole, Anna-Kaisa Itkonen, a ajouté : « Nous avons une politique climatique approfondie qui a été renforcée en 2014 par le Conseil européen. En mars dernier, le Conseil européen a demandé une stratégie de long terme pour la réduction des émissions. Nous avons lancé une consultation en juillet (EUROPE 12065, 12049). Les résultats vous seront présentés en temps et en heure. » 

Angela Merkel ne veut pas, pour l'heure, d'objectif climatique plus ambitieux. Dimanche 26 août, lors de son interview télévisée de rentrée à la chaîne allemande ARD, la chancelière allemande, Angela Merkel, avait indiqué vouloir concentrer les efforts de son gouvernement sur la réalisation de l'objectif de l'UE fixé pour l'objectif 2030 (une réduction des émissions d'au moins 40 % par rapport à 1990) et écarté l'hypothèse d'un rehaussement de cet objectif. 

« Nous devons d'abord et avant tout respecter nos objectifs, ceux auxquels nous avons souscrit. Je ne juge pas raisonnable de fixer constamment de nouveaux objectifs », avait-elle déclaré. 

Au Parlement européen, l'eurodéputé allemand Jo Leinen (S&D), avait, lui, plaidé, quelques jours plus tôt, pour un objectif de réduction européen de 45 % d'ici à 2030, comme le commissaire Cañete l’envisage, en souhaitant sonder le Conseil Environnement du 9 octobre (EUROPE 12078). 

« Dans l'action climatique internationale, l'Union européenne devrait montrer l'exemple et augmenter son objectif climatique pour 2030 avant la COP24 de Katowice » (en décembre prochain), avait déclaré l'eurodéputé le 21 août, par voie de communiqué. 14 ministres européens de l'Environnement ou de l'Énergie sont sur la même ligne (EUROPE 12048). Au moins 45 %, c'est le chiffre auquel l'UE pourrait prétendre en mettant en œuvre les accords politiques interinstitutionnels trouvés sur les objectifs d'efficacité énergétique et d'énergies renouvelables de l'UE pour l'horizon 2030 (EUROPE 12045). (Aminata Niang)

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