La Commission européenne ne s'est pas prononcée, mardi 28 août, sur la légalité de la solution trouvée par les autorités italiennes quant au Diciotti, navire italien ayant secouru 150 migrants en mer débarqués en Sicile après que plusieurs pays, notamment l’Albanie, ont dit leur disponibilité pour accueillir sur leur sol plusieurs de ces migrants.
Interrogée par la presse, la Commission a refusé de dire s’il s’agissait, concernant les migrants qui seront transférés de l'Italie vers l'Albanie, d’une pratique de refoulement, faute d’informations précises.
Il s'agit d'un accord bilatéral entre les deux pays, a indiqué Lucia Caudet, une porte-parole de l'institution européenne.
Avant le sommet européen de juin, la Commission avait indiqué que plusieurs pratiques relevaient, selon elle, du refoulement et n’étaient pas légales dans l’UE comme le fait d’accueillir des migrants, demandant l’asile, et de les renvoyer vers des pays tiers le temps que leur demande soit traitée.
Mais, dans le cas du navire Diciotti, les personnes qui seront transférées vers l'Albanie ne devraient avoir déposé de demande d'asile en Italie ni d’ailleurs avoir été autorisées à le faire. C’est tout le travail des autorités italiennes, qui ont décidé depuis juin d’interpréter à leur façon les règles dites 'de Dublin' sur l'asile et les contournent en n’autorisant pas les migrants arrivés dans leurs ports à s’enregistrer en Italie comme demandeurs d’asile.
Contacté par EUROPE, le bureau de Rome du Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations Unies (HCR) a loué la proposition albanaise qui a permis de trouver une solution humaine pour ces personnes bloquées plusieurs jours à bord du Diciotti.
Ce développement « est une démonstration concrète de la solidarité internationale nécessaire pour résoudre de telles situations » et « nous continuons d’exhorter les États » à mettre au point des solutions fiables et encadrées pour les personnes secourues, a indiqué le bureau romain du HCR, qui s’est dit prêt à soutenir les autorités albanaises dans ce processus d’accueil.
Mardi, le Premier ministre albanais, Edi Rama, a expliqué que son pays voulait aider l’Italie, qui a aidé l’Albanie par le passé et que l’UE laisse « seule » face à cette problématique migratoire, dans une interview à plusieurs journaux italiens. (Solenn Paulic)