Une transition numérique juste, ancrée dans le respect des valeurs européennes : c'est ce que réclame le Comité économique et social européen (CESE) dans son avis adopté mi-juillet, qui aborde tour à tour des questions liées à l'intelligence artificielle, la formation, l'apprentissage tout au long de la vie, le dialogue social et la diversité sur le lieu de travail.
Le document, intitulé 'Les concepts de l’UE en matière de gestion des transitions dans un monde du travail numérisé', doit servir de contribution au livre blanc de l'UE sur le futur du travail.
Il insiste sur l’importance d’une approche où l’homme reste aux commandes pour l’ensemble du processus de numérisation. « L’approche où l’homme reste aux commandes définit un principe qui garantit que les machines ont clairement pour rôle de servir l’être humain et que les questions plus complexes liées à ce dernier, telles que la prise de responsabilité, le jugement relatif à des cas controversés ou touchants à l’éthique ou les comportements irrationnels, restent sous le contrôle de l’être humain », précise le document, en vue des lignes directrices sur les aspects éthiques de l'intelligence artificielle, qui doivent être publiées fin 2018.
Pour le reste, l'avis du CESE note que les travailleurs qui requièrent des mesures prioritaires et un accompagnement plus fort sont « ceux positionnés sur des emplois à faible qualification et à fort potentiel d’automatisation, de transformation, de remplacement, voire de disparition ». Il s'inquiète que 22 % des travailleurs risquent, à l'avenir, de ne pas avoir les bonnes compétences numériques par rapport aux évolutions de leur emploi.
Le rapport a été rédigé par Franca Salis-Madinier (groupe des travailleurs, française), avec l'aide d'Ulrich Samm (groupe des employeurs, allemand). Le texte de l'avis peut être consulté sur : https://bit.ly/2mURyUI . (Sophie Petitjean)