Le président français, Emmanuel Macron, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, et le Premier ministre portugais, António Costa, sont convenus, lors du deuxième sommet sur les interconnexions énergétiques entre la France et la péninsule ibérique, vendredi 27 juillet à Lisbonne, de construire une nouvelle ligne à haute tension sous-marine entre la France et l'Espagne dans le golfe de Gascogne pour relier leurs réseaux électriques et réduire l'isolement de la péninsule ibérique.
Dans ce contexte, la Commission européenne a signé, vendredi, un accord de subvention de 578 millions d'euros - le plus gros montant jamais octroyé à un projet d'infrastructure énergétique au titre du mécanisme pour l'interconnexion en Europe (MIE) - pour soutenir ce projet qui vise à doubler, d'ici 2025, la capacité d'échange d'électricité entre la France et l'Espagne et rapprocher l'Espagne de l'objectif de 15 % d'interconnexion des capacités électriques installées (EUROPE 12072).
M. Costa a souligné l'intérêt du Portugal, lequel dispose d'un excédent de production d'électricité, notamment d'origine renouvelable, qu'il pourrait exporter au-delà de l'Espagne grâce à ce projet.
Le projet Santa-Llogaia-Baixas/INELFE, achevé en juin 2017, a permis de doubler la capacité d'interconnexion entre l'Espagne et la France (EUROPE 12072).
M. Macron conditionne un gazoduc franco-espagnol à l'arrêt des centrales à charbon
Vendredi, MM. Macron, Sánchez et Costa ont demandé aux régulateurs nationaux d'évaluer la pertinence de nouvelles interconnexions gazières entre la France et la péninsule ibérique.
M. Macron s'est dit favorable à la construction d'un gazoduc franco-espagnol pourvu qu'un tel projet soit viable économiquement et qu'il s'accompagne d'une stratégie d'arrêt des centrales à charbon.
« Le gaz n'est pertinent par rapport à notre stratégie d'émissions que pour se substituer, entre autres, aux centrales à charbon [...]. Si l'on a une vraie stratégie de sortie des centrales à charbon qui montre que l'on créera de nouvelles opportunités pour le gaz et que le coût identifié pour le gazoduc entre la France et l'Espagne dans ce contexte a du sens économiquement, nous le ferons », a-t-il insisté.
L'Espagne et le Portugal, qui importent du gaz d'Algérie et disposent de sept terminaux de GNL qu'ils importent notamment du Qatar et des États-Unis, poussent pour ce projet.
Mais une étude sur les coûts et bénéfices du projet de gazoduc franco-espagnol MidCat, commandée par la Commission européenne, a mis à mal la viabilité financière de ce projet dont le coût est évalué à 3 milliards d'euros et qui bénéficie déjà d'un soutien communautaire de 5,6 millions d'euros au titre des projets d'infrastructures d'intérêt commun (EUROPE 12006). (Emmanuel Hagry)