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Bulletin Quotidien Europe N° 12043
POLITIQUES SECTORIELLES / NumÉrique

La Commission européenne lance un plan d’action coordonné sur l’intelligence artificielle

À l’occasion du Sommet des parties prenantes de l’intelligence artificielle (IA) organisé par le Comité économique et social européen (CESE) lundi 18 juin, la commissaire européenne à l’Économie et à la Société numériques, Mariya Gabriel, a annoncé la mise en place d’une coordination avec les États membres visant à compléter la démarche entreprise par la Commission. 

« Il est temps de joindre nos efforts et d’investir », a déclaré la commissaire, en amont d’une réunion qui devait se tenir l’après-midi avec les États membres. Elle souhaite échafauder un plan d’action approuvé par toutes les parties « d’ici la fin de l’année »

Cette collaboration fait suite à la déclaration commune de 24 États membres pour développer l’IA (EUROPE 11998).

Outre la définition de priorités communes et le lancement de projets coordonnés, la Commission espère obtenir des investissements des États membres pour relancer l'Europe dans la course du numérique. 

La Commission, qui a proposé de débloquer 1,5 milliard d’euros pour la période 2018-2020 (EUROPE 12009), fait face à la concurrence des États-Unis et de la Chine, laquelle a investi 18 milliards d’euros sur la même période. 

Si, pour la commissaire, l’Europe peut rivaliser en termes d’investissement dans certains « secteurs stratégiques », l’accent doit être mis surtout sur « l’approche européenne basée sur les droits fondamentaux », rejoignant le point de vue du CESE (EUROPE 12036).  

Un « zoo » d’initiatives 

Mme Gabriel a confirmé la création de l’Alliance européenne de l’intelligence artificielle (EUROPE 12042) et annoncé que le groupe de 52 experts désigné par la Commission (EUROPE 12042) se réunirait dès la semaine suivante pour esquisser le cadre légal de l’IA. 

Dans l’objectif de diffuser la « connaissance de l’IA » et de favoriser les expertises permettant aux entreprises et aux administrations publiques de s’adapter aux nouveaux outils, elle a par ailleurs annoncé la création de deux structures : la Plateforme d’intelligence artificielle ‘à la demande’ qui sera mise en service d’ici janvier 2019 et la Coalition européenne pour les emplois et compétences numériques

Cette juxtaposition de structures n’est pas du goût de Mady Delvaux (S&D, luxembourgeoise), le rapporteur sur l’IA au PE, qui a évoqué le risque que se forme un « zoo » d’initiatives qui pourrait créer une cacophonie. 

Elle a plaidé pour la création d’une agence européenne de l’IA qui centraliserait ces initiatives, rappelant que le PE s’était exprimé en ce sens en 2017. (Mathieu Solal, stage)

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