Déclenchée le 16 mars à la demande de l'Italie, l'enquête de sauvegarde visant les importations de riz Indica originaire du Cambodge et de Birmanie/Myanmar suit son cours, a assuré la Commission européenne, lundi 18 juin, en réponse aux menaces du nouveau gouvernement italien de bloquer ces importations.
« Le régime 'Tous sauf les armes' accorde un accès libre au marché de l'UE pour les produits des pays les moins avancés afin de les aider à sortir de la pauvreté, mais il faut aussi s'assurer que les producteurs européens ne soient pas lésés par ces importations. Il faut donc réfléchir à l'opportunité de réintroduire des droits et éviter que les pays de l'UE ne paient le prix fort de cette ouverture des marchés », a assuré la Commission.
« Après les navires des ONG, nous pouvons même arrêter les navires qui arrivent dans nos ports chargés de riz cambodgien. Je suis absolument aux côtés de Coldiretti [la Confédération des agriculteurs italiens, NDLR] », a lâché ce week-end le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini.
Coldiretti demande « d'arrêter des importations à droits nuls de riz asiatique qui concurrencent injustement la production nationale et communautaire », exigeant que la clause de sauvegarde de l'UE soit activée « le plus tôt possible » contre les importations de riz cambodgien et birman, dont les 22,5 millions de tonnes arrivées sur le marché italien en 2017 ont réduit de moitié les prix des producteurs nationaux.
L'enquête de sauvegarde de l'UE sera menée à son terme d'ici 12 mois (EUROPE 11989). (Emmanuel Hagry)