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Bulletin Quotidien Europe N° 12043
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

Baisse des demandes d'asile en 2017 dans l'UE mais hausse du nombre de refus

L’Union européenne, ses pays de l'Espace économique européen et la Suisse ont connu en 2017 une baisse de 44 % de dépôts de demandes d’asile avec 728 470 demandes, contre 1,3 million en 2016, ce niveau demeurant toutefois supérieur à la période d’avant 2015. Et le nombre de décisions négatives a augmenté par rapport à 2016, le taux de décisions positives par rapport aux demandes d’asile a été ramené de 60 % à 46 %. 

Tels sont les enseignements livrés lundi 18 juin par le Bureau européen d’appui à l’asile (EASO) à l’occasion de la publication de son rapport annuel 2017. 

Présenté alors que les États membres se divisent sur la question migratoire, comme le montre la crise allemande (voir autre nouvelle), le rapport établit aussi les premières tendances pour l’année 2018 qui montrent, sur la période janvier-avril, une stabilisation des demandes à moins de 50 000 demandes par mois en moyenne. 

Et l’Allemagne a été le principal pays d’accueil pour les demandeurs d’asile avec 222 560 demandes, soit 31 % du total européen. Ont suivi l'Italie (128 850 demandes), la France (100 000), puis la Grèce et le Royaume-Uni. 

La proportion des demandeurs, notamment dans des pays comme l’Italie, la France, la Grèce, le Royaume-Uni et la Suède, a presque doublé entre 2016 et 2017. La Grèce a été aussi le pays comportant la plus forte proportion de demandeurs par rapport au nombre d’habitants. 

 La Syrie (15 %), l'Irak (7 %) et l'Afghanistan (7 %) sont restés les trois premiers pays d'origine des demandeurs, suivis par le Nigeria, le Pakistan, l'Érythrée, l'Albanie, le Bangladesh, la Guinée et l'Iran. 

Moins de décisions positives 

Sur l’ensemble des décisions de première instance prononcées en 2017, près de la moitié (462 355) étaient positives, mais ce taux global de réponses positives était inférieur de 14 % à celui de 2016. 

En dépit de la baisse globale du nombre de décisions prononcées, le nombre des décisions négatives a en fait augmenté : il est passé de 449 910 en 2016 à 534 330 en 2017. 

Concernant les décisions positives, il y a eu en 2017 une nette diminution de la proportion des décisions accordant un statut de réfugié (cette proportion a baissé à 50 %, contre 55 % en 2016) ou une protection subsidiaire (34 %, contre 37 %) avec, en parallèle, une augmentation de la proportion des décisions accordant la protection humanitaire (en hausse à 15 %, contre 8 %). 

Les décisions concernant des requêtes en procédure Dublin (renvois de pays à pays) ont été rendues le plus souvent pour des citoyens d’Afghanistan (11 % du total), de Syrie (8 %), d’Irak (8 %) et du Nigeria (6 %). La majorité des décisions concernent des affaires dans lesquelles une personne dépose une demande dans un pays de l’UE et se déplace ensuite dans un autre pays, souligne le rapport. 

En 2017, les 26 pays du bloc ont mis en œuvre un peu plus de 25 000 transferts, soit une augmentation d’un tiers par rapport à 2016. Les trois quarts de l’ensemble des transferts en 2017 provenaient de cinq pays : l’Allemagne, la Grèce, l’Autriche, la France et les Pays-Bas. 

Effets positifs des mesures européennes 

Interrogée sur ces données, la Commission européenne a expliqué, lundi midi, que cette diminution démontrait l'efficacité des mesures mises en œuvre pour renforcer les frontières extérieures de l’UE. Ces dernières années, l’UE a lancé une série d’initiatives, entre le pacte avec la Turquie en 2016, les mesures pour aider l’Italie à faire face aux arrivées depuis la Libye ou encore le lancement du ‘Migration Compact’ avec les pays d’origine et de transit ; elle a aussi conclu des accords de réadmission ou des dispositifs similaires plus souples juridiquement (standard operating procedures) avec des pays comme l’Afghanistan, le Bangladesh ou le Pakistan. 

Donald Tusk en tournée dans les capitales pour préparer le sommet européen 

En attendant, sur la réforme du système européen d’asile et notamment le volet controversé du règlement de Dublin, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a entamé cette semaine une tournée des capitales qui le mènera de Rome à Berlin en passant par Budapest et Vienne pour préparer le sommet des 28 et 29 juin. 

À Berlin, Mme Merkel devait aussi accueillir, lundi 18 juin, le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, et tenter de trouver un compromis avec son propre allié de la CSU, le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, qui veut durcir et accélérer les procédures de transfert ‘Dublin’, à savoir rendre presque automatique le renvoi de demandeurs d’asile arrivés en Allemagne, mais enregistrés dans un autre État membre. 

Au cours du week-end, Angela Merkel aurait évoqué la possibilité de convoquer des réunions de dirigeants européens avant le sommet des 28 et 29 juin afin de trouver une piste possible sur la réforme de l’asile. La Commission a affirmé le 18 juin qu’elle était « ouverte à tous les formats possibles » qui puissent permettre de faire des progrès d’ici au sommet européen. (Solenn Paulic)

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