Vingt ministres de l’Agriculture d'États membres de l’UE se sont opposés, lundi 18 juin à Luxembourg, à toute baisse du budget agricole sur la période 2021-2027 (EUROPE 12039).
La Commission européenne a proposé, dans ses propositions sur le cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE pour 2021-2027, une baisse de 5 % des dépenses agricoles.
Le ministre français, Stéphane Travert, a présenté une déclaration commune avec l’Espagne, l’Irlande, la Finlande, le Portugal et la Grèce, demandant le maintien à son niveau actuel du budget agricole 2021-2027. Ce document a été soutenu officiellement par neuf autres pays : Croatie, Chypre, République tchèque, Hongrie, Lituanie, Luxembourg, Pologne, Roumanie et Slovaquie. La ministre autrichienne a aussi critiqué la réduction des dépenses du deuxième pilier (développement rural).
« Vous n’avez pas réussi à nous convaincre », a lancé la Grèce, à l’adresse du commissaire Phil Hogan. Le ministre grec a plaidé pour, « au minimum, le maintien du budget agricole ». Il s’est opposé aux transferts de fonds entre les piliers de la PAC. Il a redouté, comme d’autres ministres, une renationalisation de la PAC.
Le ministre italien, Gian Marco Centinaio, a estimé que la proposition n'était pas à la hauteur des attentes des citoyens. Les réductions budgétaires envoient un signal erroné, a-t-il lancé. L'Italie a dénoncé la trop grande complexité du système des plans stratégiques.
La ministre autrichienne a aussi critiqué la réduction des dépenses du deuxième pilier (développement rural). L'Estonie a protesté aussi contre la réduction du budget agricole 2021-2027.
Le ministre espagnol, Luis Planas Puchades, a souligné le besoin d’une plus grande capacité financière. « Nous sommes contre la réduction du budget agricole ». Il s’est dit prêt à accepter le défi de la subsidiarité, mais la Politique agricole doit rester commune et il faut éviter l'augmentation de la bureaucratie.
La Belgique a soutenu l’esprit de la déclaration commune des pays et s’est inquiétée des baisses de crédits, surtout celles qui frappent le développement rural. La Belgique s’est opposée à la convergence externe des aides.
La Suède s’est montrée plutôt positive à l’égard des propositions sur la table, notamment en matière d’environnement et de climat. La conditionnalité est trop compliquée, a toutefois jugé le ministre suédois. Le plafonnement doit être optionnel, selon la Suède (et d'autres pays, comme la Finlande), qui a critiqué aussi la convergence externe proposée. La République tchèque a critiqué le plafonnement et la dégressivité des aides.
L'Allemagne a estimé que le plafonnement devait être facultatif. Elle a estimé qu'il était difficile de trouver de la simplification dans le modèle proposé des plans stratégiques. Le second pilier doit rester un instrument indispensable, selon Julia Klöckner, qui a dit qu'elle ne voyait pas de simplification dans le système proposé des plans stratégiques.
La Lituanie a critiqué le manque d'ambition en matière de convergence des aides.
Gestion des risques. L’Allemagne, l'Autriche et la Suède, notamment, ont estimé que les mesures de gestion des risques devaient rester optionnelles. La France et la Belgique ont critiqué, au contraire, le manque de mesures communautaires en matière de gestion des risques.
PAC plus simple. « Nous ne voyons pas de simplification », a dit le ministre slovène, à propos des plans stratégiques proposés. L’Irlande a demandé une PAC plus simple et qui attire les jeunes. Ce pays a défendu, lui aussi, un budget solide et un versement des fonds issus du plafonnement en faveur des petits et moyens agriculteurs.
Le commissaire Hogan a répété le contexte budgétaire « exigeant » avec la perte de 12 milliards d’euros par an en raison du Brexit et le financement des nouvelles priorités de l’UE. « Dans ce contexte, et en l'absence d'un accord sur l'augmentation du niveau des contributions des États membres au budget de l'UE, je considère que la proposition sur la PAC est juste et raisonnable », a déclaré M. Hogan. Le commissaire a expliqué que la Commission préconisait la subsidiarité et pas la renationalisation de la PAC. (Lionel Changeur)