Les ministres de l’Emploi ont avalisé les recommandations du comité de l’emploi visant à renforcer la Garantie pour la jeunesse, y compris celles portant sur l’amélioration des cadres de suivi et d'évaluation.
La Garantie pour la jeunesse, lancée en 2013, vise à aider les jeunes ne travaillant pas et ne suivant ni études ni formation (NEET). Concrètement, elle charge les États membres de proposer à tous les jeunes de moins de 24 ans (ou au plus jusqu'à 30 ans, s’ils le souhaitent) une offre de qualité pour un emploi, une formation ou un stage dans les 4 mois suivants leur sortie de l'enseignement ou la perte de leur emploi.
Le rapport du comité de l’emploi, quatrième du genre, vient s’ajouter au rapport spécial de la Cour des comptes d’avril 2017 (EUROPE 11761). Il constate que « la mise en œuvre de la garantie a progressé considérablement depuis l'exercice précédent, mené en décembre 2015 ». Dans plusieurs États membres, l'accent porte en effet davantage sur le perfectionnement professionnel et sur les jeunes défavorisés.
Améliorer la portée et le suivi de la garantie
Toutefois, le comité de l’Emploi estime que des améliorations peuvent être apportées, notamment pour toucher les jeunes qui n'ont ni emploi ni formation (les NEET), qui représentent actuellement à peine un cinquième des bénéficiaires. Le comité considère ensuite que le temps d’attente reste trop long dans certains États membres. Il montre en effet que, pour la tranche d'âge 15-24 ans, 3 jeunes sur 5 ont attendu plus de quatre mois pour recevoir une offre. Ces résultats varient selon les États membres : ces jeunes sont particulièrement nombreux (70 %) en Espagne, en France et en Italie et moins nombreux en République tchèque, en Estonie, au Luxembourg et à Malte (30 %). Enfin, le comité recommande d’améliorer les cadres de suivi et d'évaluation. Dans trois cas sur cinq, il est en effet impossible de savoir ce qu'il est advenu des jeunes sortis du dispositif, tandis que le suivi manque encore dans 8 États membres. En conséquence, les États membres sont vivement encouragés à améliorer leur capacité à déterminer la destination de tous les jeunes qui sortent du dispositif de la Garantie pour la jeunesse et à assurer le suivi des participants une fois sortis de ce dispositif, notamment, le cas échéant, à l'aide de registres liés.
En ce qui concerne les chiffres, le rapport montre qu'un peu plus de 7,2 millions de jeunes ont participé à la Garantie pour la jeunesse en 2016, que près de la moitié des jeunes sont toujours employés, scolarisés ou en formation six mois après être arrivés au terme de l'intervention de la Garantie pour la jeunesse et que ces résultats sont maintenus dans la durée. Le texte du rapport peut être consulté à la page : http://bit.ly/2FPYfiv. (Sophie Petitjean)