Le Comité économique et social européen (CESE) préconise, dans un avis d’initiative adopté en session plénière mercredi 14 février, de mettre en œuvre des mesures visant à favoriser la coopération économique, la croissance et la solidarité, plutôt qu’une « austérité sévère », en cas de crise économique future.
Cet avis, intitulé « Tirer les leçons du passé : éviter la rigueur des politiques d’austérité dans l’UE » et rédigé par le Portugais José Custódio Leirião, se base sur des missions d’information que le CESE a effectuées en Irlande, en Grèce et au Portugal, trois pays qui ont été ou sont encore placés sous programme d’assistance financière.
Constatant les effets néfastes des politiques d’austérité sur les capacités économiques, les marchés du travail et les systèmes de protection sociale, le CESE est d’avis de trouver « un meilleur équilibre entre les objectifs budgétaires et sociaux dans la gestion des crises futures ».
L’organe souhaite également que les institutions de l’Union soient « seules responsables de la conception et de la mise en œuvre des nécessaires programmes d’ajustement dans l’UE, et ce, même si l’on établit des partenariats avec des institutions extérieures », comme l’a indiqué M. Leirião.
Le texte présenté par le CESE appelle, par ailleurs, à associer les partenaires sociaux et la société civile à la conception, au suivi et à l’évaluation des programmes. La création d’une Agence européenne de notation financière et la mise en place d’un « organe international indépendant » d’évaluation de la crédibilité du programme et des progrès réalisés par un État sont également souhaitées.
Le CESE salue enfin les propositions de la Commission européenne du 6 décembre dernier relatives à l’approfondissement de l’Union économique et monétaire (UEM) (EUROPE 11920). Pour ses membres, de telles réformes augmenteraient effectivement la résistance de l’UE en cas de futurs chocs asymétriques. (Lucas Tripoteau)