Les ministres européens de l’Éducation soutiennent unanimement le renouvellement et le renforcement du programme Erasmus+ après 2020. Lors de leur réunion à Bruxelles, jeudi 15 février, ils ont toutefois montré une certaine division sur les moyens pour y parvenir.
Le programme Erasmus+ couvre l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport. Doté d’un budget de 14,7 milliards d’euros pour la période 2014-2020, il offre la possibilité d’effectuer des périodes d’études et des stages/apprentissages à la fois aux étudiants de l’enseignement supérieur et à ceux de l’enseignement et de la formation professionnels. La Commission européenne a suggéré, le 14 février, qu’il pourrait être utile de doubler, voire tripler, cette dotation dans le prochain cadre budgétaire (2021-2027). Selon elle, doubler le financement permettrait d’atteindre 7,5 % des jeunes dans toute l’Europe et le tripler permettrait de « donner à 1 jeune sur 3 la possibilité de participer à une expérience d’apprentissage Erasmus+ à l’étranger ».
« Nous sommes à un moment clé, il nous faut réfléchir à l'avenir du programme, surtout au vu de notre ambition de créer un espace européen de l'éducation », a commenté le commissaire européen Tibor Navracsics. « Il nous faut fixer un cap clair pour préparer nos propositions », a-t-il conclu.
Si à peine une dizaine de ministres avaient fait le déplacement (les autres étant représentés), toutes les délégations sans exception ont souligné la valeur ajoutée du programme Erasmus+. La majorité a également appelé à une simplification des procédures et à élargir le programme à l'enseignement professionnel. L'Italie a en outre appelé à couvrir les étudiants du secondaire, les Pays-Bas et la Croatie, à prévoir aussi des échanges de type court, tandis que la Finlande a suggéré d'ouvrir le programme aux jeunes diplômés, 5 ans après leur sortie de l'enseignement.
Sur la question du financement, la grande majorité des délégations ont soutenu une augmentation des moyens. L'Italie et la Belgique ont plaidé pour un doublement des fonds, l'Espagne pour que l'enveloppe actuelle soit multipliée par dix, tandis que Malte, la Roumanie, la Finlande, la Slovaquie et Chypre n'ont pas avancé de chiffres. Le ministre fédéral autrichien, Heinz Fassmann, a déclaré : « Un plus grand budget, c'est toujours bien. Mais peut-on se le permettre ? » Il a ensuite invité les délégations à faire la promotion de cet outil dans leur État membre et auprès de leurs écoles. Le secrétaire d'État allemand, Georg Schütte, a, quant à lui, appelé à mobiliser les financements du Fonds social européen (FSE) et les fonds nationaux dans le cadre d'Erasmus+, soulignant qu'il n'y avait pas de concurrence entre les différents outils. « Erasmus+ doit être renforcé par le FSE. »
À noter aussi que le Royaume-Uni a pris la parole pour insister sur sa volonté de poursuivre sa coopération avec l'UE dans le domaine de l'éducation. « Nous voulons que la coopération entre l'UE et le Royaume-Uni continue et soit renforcée », a déclaré le ministre adjoint, Nick Gibb. Il a souligné qu'au titre de l'accord du 8 décembre, le Royaume-Uni participerait jusqu'à 2020 (la fin du cadre financier actuel) au programme Erasmus+. (Sophie Petitjean)